mardi 26 février 2013

On a tous nos petit problèmes...

On a tous nos petit problèmes.
C'est vrai.
Et ça sonne un peu comme une confession, mais je suis jalouse.
Genre, ça va, je me maîtrise. Je hurle pas sur les femmes qui matent son Altesse le Roi des Ronces dans la rue (elles ont bien raison, allez-y, c'est fait pour ça), et ses amies ont le droit le de papouiller dans tout les sens. (Vous croyez que je me gène pour me jeter sur ma Muse quand je le vois et renifler son parfum à grand bruit? Non. Et j'aurais tort parce qu'il sent bon! Voila!)
Alors ouaih, je suis jalouse.
Et mon petit problème de jalousie c'est son ex, au Roi.
Son. EX.


Suspense insoutenable.

Je tiens à dire que bon, c'est pas à moi de la juger, c'est une charmante personne, et je n'ai rien de personnel contre elle.
On a quand même fait des trucs cools toutes les deux, et je crois qu'elle m'aime bien. Je la connaissais elle avant de le connaitre Lui.
Mon problème c'est qu'ils sont resté quasiment trois ans ensemble, que c'était une histoire longue, difficile, avec quand même pas mal d'amour et de blessures, et que si mon ex, Soleil le hippie, est parti sucer des pissenlits Suisse pour vivre, elle, elle vit à Dobor, elle a les mêmes connaissances, elle est dans le même milieu, et même si on ne se croise que très peu, sa présence est indécrottable.
Genre, tellement indécrottable que même le truc qui lave plus blanc que blanc à en faire des trous dans le linge, il en vient pas à bout.
Elle est LA.
Et ça me rend dingue de jalousie qu'à côté l'hydre de Lerne est une créature à la cool avec parfois quelques petites sautes d'humeur.


Sexy beast.

Comme j'intériorise vachement, en plus, j'en dis pas grand chose, et je fais des crises d'anxiété qui me donnent envie de courir nue dans la neige.
Bon, y'a pas de neige (tristitude), et courir nue sur les voies du train (j'habite à côté d'une gare et tout les matins j'entend les trains klaxonner dans le lointain en de joyeux "Papouet!"  musicaux) est assez risqué.
Mais c'est l'ambiance.
L'idée que cette fille est pas loin me rend mââââââlllllâââââde.
(à peut près aussi malade que l’orthographe du mot ci dessus.)
(ça pique les yeux.)
(ouch.)

Oui, je sais, mon altesse perd la boule au point d'en faire (presque) choir sa charmante couronne d'os frais du matin. J'abuse.
Après tout, ça pourrait très bien se passer, elle a un copain (aux dernières nouvelles, il me semble), le Roi Mew vient camper sa tente et sa bibliothèque dans mon salon, j'ai aucune raison de m'en faire. Il faut que je relativise.
Mais j'y arrive pas.
Huhu, life joke, so funny.
Sa présence est PARTOUT.
Genre, incrusté dans les murs de ma vie, so poetic, you know.

Stitch.
Ce poète.
Un maître pour nous tous.

Elle est dans les gestes de mon Roi.
Dans ses frayeurs.
Dans ses traumas.
Dans ses habitudes.
Dans ses mots.
Elle est dans les photos.
Dans les bouches des gens qu'on croise.
Mes amis la connaissent.
Ses amis la connaissent.
Le net suinte encore de traces de leur relation.

Cette histoire sent comme de la merde fraîchement épandue dans un champ de coquelicots.
Ca va peut-être aider notre histoire à devenir plus belle en nous apprenant ce qu'on ne doit pas faire mais ça va puer la mort pendant longtemps.
...
Elle est le cadavre dans mon placard.
Ca prend de la place, c'est lourd, et les asticots se marient mal avec mon lambris.
(En plus, à nettoyer, c'est trop la galère.)
(Suivons bien mes métaphores foireuses.)
(C'est ardu, n'est-ce pas?)

En plus, cette nana, oui, j'en suis jalouse.
Je suis jalouse parce qu'elle est belle. Elle a un corps fin et musclé, et toutes les fringues, toutes les coiffures lui vont.
Certes on a tous nos différences, mais à côté, je fais quand même environs vingt-cinq kilos de plus, j'ai ni muscle ni ventre fin, et le visage d'une enfant. Quand je la regarde, je me sens un peu comme l'éléphant qui regarde la petite gazelle sautillante. T'as beau être un très beau éléphant, tu n'auras jamais le charme d'une petite gazelle.
(Mais tu n'auras pas de prédateur et connaîtra le doux plaisir des bains de boue. Chacun voit midi à sa porte. )
(Quoique si, un alligator ça peut noyer un éléphanteau, non? Depuis combien de temps n'ai-je pas regardé le national géographic?)
(Ce n'était pas le but de cette métaphore.)
(Je m'égare. Où en est-on?)

Donc, oui elle est belle.
Y'a des photos sublimes d'elle sur le net. Même des photos avec le Roi.
Alors l'art c'est l'art, je suis la première à le défendre, mais je sais que je ne pourrais pas m'empêcher de regarder ces photos en m'auto flagellant parce que j'aurais jamais d'aussi jolies cuisses, que ces photos sont belles, et que j'ai toujours été maso.
(Pour passer autant de temps à entretenir une tignasse couleur "Ariel peut pas test" et la planquer tous les jours sous une casquette Domac, faut être franchement masochiste.)
(Notez, pour porter des corsets et des plateformes de 15 aussi.)
(Et pour élever trois chats, c'est plus du masochisme, c'est l'art de se faire souffrir en échange de trois ronrons.)
(Tuez-moi.)

Bref.
Elle est belle.
Belle à en crever. 


Have I ever said How I love Freddie Page?

Et puis, passer presque quatre ans avec quelqu'un, ça laisse des traces.
Le Roi est un être d'amour, un être parfait (oui, un Roi, ça brille et ça pète des pépites d'or) (malheureusement il refuse de manger des flageolets et nous restons pauvres) (le cuistre), et quand il aime, il ferait tout pour la personne qu'il aime. Il aurait sans doute tout fait pour elle. J'en ai aucune doute. Pour s'être fait jeter trois fois et être revenu deux fois, il était amoureux.
Il l'a porté, il l'a aidé, et si elle avait voulu, si leur relation s'était calmée, ils seraient encore ensemble, et il continuerait à l'aimer et à la protéger.
(Voici une des nombreuses raisons pour laquelle le Roi est aussi un Mew, pokemon légendaire ultra rare. Son dévouement. Mais le long flagelle qui vole au vent n'a rien à voir dans la comparaison.)
(Bande de pervers.)

Je sais qu'il l'a aimé plus que de raison.
Qu'elle a planté ses griffe en lui.
Puisque les cicatrices de cette relation suintent encore dans mes mains.

Et, bon...
On va dire que ma bonhomie naturelle de dirigeante tolérante d'un royaume à la cool s'efface vite derrière la jalousie absolue d'une femme qui a été tant aimé par l'homme que j'aime moi-même plus que tout.
J'envisage même de me mettre à la méditation tibétaine pour évacuer ce stress inutile.
...
Non, j'déconne.
Je vais boire de la bière pour oublier.
Faut pas abuser.

Où que j'aille sur le net, je la trouve.
Où que j'aille sur le net, je trouve des traces de leur couple, comme si tout était encore là, bien vivant.
Et j'ai la désagréable sensation que l'homme amoureux, mon Roi, une fois qu'il est loin de chez moi, et que je tombe devant les reliefs vifs de cette histoire, est encore plus loin que je le pensais. Notre relation ne devient plus qu'un concept auquel je m'accroche, parce que je suis une créature de doute.
Que l'éléphant, la gazelle, toutes ces choses...
Et que je me meurs...

Le smiley parachève la pitoyabilité de l'instant.
Tout est une histoire de détails, finalement.

Dans ces moments là, j'ai envie d'être seule.
("Because I'm tout seul...")
De ne pas me coucher dans le lit avec Son parfum, de cacher Ses affaires qui sont dans le placard à un endroit où je ne pourrais pas les voir, et d'oublier qu'Il existe parce que j'ai trop peur que elle, elle revienne.
J'ai trop peur de sa présence.
(Ouaih, c'est con. Et je crois aux fantômes aussi. Tac. Je fais ce que je veux. C'est un royaume libre et indépendant ma p'tite dame.)
Sa présence qui colle à sa peau à Lui.
Je vois son image, je les vois eux, je me dis que si elle avait pas fait ce faux pas, ils seraient encore ensemble, et j'angoisse.
Alors peut-être que l'histoire ne s'est pas passé comme ça. On ne change pas le passé.
Mais je ne contrôle pas cet élan de jalousie dingue et débile (avouons-le) au fond de mes tripes. Qui me fait pleurer devant les méandres d'internet et de facebook.

Pas plus que je ne contrôle cette infériorité crasse en mode éléphant-gazelle qui me prend quand je la regarde.

Et si jamais elle revient?

Et quand je serai dans la Capitale dans mon école, et le Roi ici, à Dobor, si elle revient, qu'elle lui montre qu'elle a changé, alors que moi, je ne serai jamais là?

Bonjour, je suis super angoissée.
Ma faiblesse: j'ai peur de tout, tout le temps. J'ai peur de toute perdre; parce que je ne suis pas assez bien.
Mon point fort: au moins, j'ai de l'humour et du recul. C'est l'apanage des tarés solitaires. Ceux qui collectionnent les chats. Et les livres de Fantasy. Et les bibelots de geeks.

Au moins, je relativise avec moi même.
Je ne peux atteindre son seuil de beauté. Je porte mon poids en bijoux pour me sentir exister et j'ai un sérieux problème alimentaire, les hanches et le bide qui vont avec.
Mais je tolère mon corps.
Genre, je peux pas le regarder, mais je conçoit qu'on le trouve regardable.
Elle est restée des années avec Lui. Et on en voit encore les traces un peu partout. Moi j'ai fini de couper le cordon avec cet idiot de Soleil hier, que même mon ordi, il le connait plus. Et finalement, je me sens bien.
Et j'ai envie d'envoyer valdinguer facebook à grand coup de tatane pour garder en mémoire toutes ces choses.
Internet me tuera, les photos auront raison de moi.
Enterrez-moi sous une pile de pellicules de films et mettez le feu à mon corps.

Je déconne.
Les pellicules, c'est précieux.
Ce serait du beau gaspillage.
Enterrez moi sous une pile de DVDs gravés avec l'intégrale de Chaplin, Keaton, et Winding Refn.

En réalité, je me sens comme Clementine, dans Eternal Sunshine.




J'ai l'impression de toute faire pour être moi-même, mais qu'en faisant cela, je ne suis comparable à personne d'autre, en devenant complètement déshumanisée.
On me dit à moi aussi souvent que je suis un concept.
Qu'est-ce que c'est qu'un concept?
Est-ce qu'on peut serrer longtemps un concept dans ses bras alors qu'on a enlacé une femme comme celle que je jalouse?

Trop grande.
Trop imposante.
Trop moi-même.

...

J'aurais aimé être à sa place.
Ou que ça ne se finisse pas entre eux.
Mais je me sens tel Bastien devant les ruines de Phantasia, qui doit reconstruire un monde dont il a lu l'histoire. J'ai peur de mal faire. Et je ne me sens pas à la hauteur.
(Et en ce moment je lis l'histoire sans fin. Et je vous le conseille.)
(c'était l’aparté littéraire.)
(profitez-en, il y a une réédition, et ça fait dix ans qu'on l'a pas vu en rayons.)
(je ne suis pas payée pour dire ça, notez bien.)


Je regarde les images du passé, et ça me fait mal au coeur.

Oui, je suis jalouse.
Une jalousie terrible.
Jalouse d'une chimère. D'une ombre. D'une ombre dont je sens l'odeur sur Sa peau à Lui.





Et il n'y a malheureusement rien à faire.
A part l'écrire pour que ce sentiment perde de sa valeur une fois partagé et une fois lu.
A part cacher toutes les affaires du Roi au fond du placard se terrer sous la couette en se persuadant d'être seule au monde, parce que ça serait quand même vachement plus triste mais beaucoup moins douloureux.

On a tous nos petit problèmes.

...
Meet me in Montauk.



(PS:
Quand je serai grande, je veux faire un film, qui puisse être aussi juste, et beau, et bien fait, que Eternal Sunshine. Le cinéma sauve des vies. Et peut guider les gens vers le meilleur. )
(PPS: l'avalanche de parenthèses à la con empêche cet article de tomber dans le pathos. Uniquement. Bisous.)



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