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mercredi 9 avril 2014

La limite qui fait chier.

Yoh.
Non j'ai pas été là pendant longtemps.
Pendant un mois j'ai préparé mon déménagement (je ne pense pas que j'en ferai un article tellement ça va me pourrir mon karma qui n'a rien demandé) , et après, pendant un mois j'ai pas eu internet.
*thumb up*

Donc on va balancer dessuite les accroches racoleuses:
Aujourd’hui, je me met à poil devant vous, et je vais vous expliquer ma vie de pauvre.

Allégorie de cet article.

Alors je vois tout de suite les gens qui me connaissent faire:
"Han, genre, comment elle est, elle. Elle va à Disneyland, tout ça, en Belgique, tout ça, son mec claque de la thune en jouets, etc, etc... et elle fait genre elle est pauvre."

Soyons clairs.
En ce moment, le Roi est fauché. En grande partie à cause de moi, vu que, ahaha, j'ai eu la bonne idée de me faire tatouer (pas cher parce que copine tatoueuse) le même mois que le mois de mon déménagement, et que, oh surprise, ya les huissiers qui me sont tombés sur la mouille pour me réclamer 450 boules le même mois, et que comme je les ai pas, c'est lui qui a raqué.
Et même, il ne s'agit pas de lui dans cet article. Il s'agit de mon pognon que je n'ai pas.
Soyons encore plus clair.
Sans le Roi Mew, je suis à la rue, et je meurs.
Je ne plaisante pas.

Je règne sur un royaume en mousse et je n'ai pas les clés de la bourse.
Voila.
C'est assez clair?

Bien, on peut reprendre.
Je disais donc, je vais vous expliquer ma vie de pauvre.
Parce que j'ai besoin d'en parler. Un bon coup. Parce que ça m'oppresse.

C'est parti mon kiki.


Commençons par le commencement:
Je ne sais pas ce que c'est que de vivre dans l'opulence.

Quand mon père a viré la Mom, elle est partie vivre chez mes grands parents à qui elle payait un loyer parce qu'ils ne pouvaient pas non plus payer pour 5 personnes. (Eux mêmes, ma Mom et moi, et mon tonton qui avait pas finit ses études.)
C'était pas l'extase mais disons que bon, à ce moment au moins on manquait de rien.

Si je dois me souvenir financièrement de cette période, je dirais que ma pote Nacty, que je connais depuis que je suis bébé (meuf j'ai retrouvé une photo de nous à mon anniv' de trois ans, gros dossier), allait tout les ans à Walliby, ou au futuroscope, ou à Disneyland, et allait un peu partout avec sa maman, et que ma mère m'a promit jusqu'à mes 15 ans qu'on irait à ce fameux Disneyland.
Vu que ma mère galérait un peu sa race avec les sous.
(mais j'étais pas jalouse de ma pote vu qu'elle, elle était vraiment toute seule avec sa maman.)

Après, y'a  eu mon connard de beau père, les sous qu'il volait à ma mère, les pâtes sur la table chaque soirs, et ma mère qui galérait à me filer 20 boules par semaines pour bouffer à la fac.
Donc, du coup, avec ma pote Miss England, à la fac, on se cotisait pour acheter des chips, et comme elle était autant dans la merde que moi, on avait faim.
... je me souviens une fois on avait décidé que merde, on allait se faire un bon repas, et on a claqué la bouffe de quatre ou cinq jours pour se faire des tomates farçies.
... truc de ouf ...

La blasitude. Vue d'artiste.

Ensuite, j'ai fait LA connerie pas tout à fait connerie mais grosse connerie que je sais pas encore trop si j'aurais du ou pas le faire vu que je la paie tout les jours autant en bien qu'en mal...
J'ai fait CONFIANCE (bordel) à ma famille.
Et je suis allée dans une école d'art que j'avais pas choisit (vu que celle que j'avais choisie mes parents l'aimaient pas.), mais en plus, j'ai laissé mes parents faire un prêt.
Sur mon compte.
En trois fois.
De 15 000 euros.
A échéances cumulatives.
...

Oui, bah c'est pas la peine de se moquer, hein, j'avais dix huit ans, j'étais un peu con, et gravement naïve.

Pendant ma première année en école d'art, après des années de galère financières, ma mère avait plus rien, moi je gagnais pas un clou (à plus de 12h par jour de taff scolaire plus les transports, faut pas déconner, j'avais pas le temps de gagner ma croûte)  et mon matos d'école me coûtait à peu près 200 euros par mois.
(le contre-collé et les Poscas, c'est pas gratos.)
Ahaha.
L'état de mon compte bancaire après six mois d'école...
Bref, du coup, je me suis retrouvée dans le caca, toussa, mon père, qui pissait la thune par les trous de nez à cet époque m'a fait la leçon, et m'a renfloué mon compte.

Il a décidé de me donner de l'argent tout les mois, et ses parents aussi.
Avec un peu de sous en poche, j'ai décidé de fuir au plus vite cette ambiance de dingue qu'était la maison maternelle, et de me prendre un appartement.
Freeeeeeeeedom.

Donc me voila avec des sous, un loyer pas trop lourd, et ...
Un appartement non isolé, et des factures d'électricité de plus de 200 euros tout les deux mois.
Et toujours 200 euros de matos d'école.
Plus une imprimante à acheter.
Et de la nourriture...

...
Donc voila, j'en suis arrivée à une période où je mangeais (concrètement) un bol de riz par jour.
Avec un père qui me faisait la leçon sur mon inconscience  et une mère hystérique à l'époque qui me disait que tant mieux que j'ai des problèmes vu que j'étais partie de chez elle.
...
C'était nul, je dois dire.

J'ai arrêté l'école parce que du coup, ahaha, fournitures scolaires plus nourriture, plus hum...
Rien vu que des loisirs j'en avais pas des masses vu que j'avais beaucoup trop la dalle pour me dire qu'un verre de bière valait plus que de la BOUFFE  .
J'ai arrêté l'école trois semaines avant la fin, virée, vu que j'avais plus d'argent pour la payer.

J'ai pleuré.
Vraiment.
J'ai beaucoup pleuré.

Chaton. Calin?

Donc après j'ai du arrêté l'école, mes parents m'ont tanné pour que je parte dans une autre école.
Je me suis retrouvé dans un minuscle 18m2 avec mon chat, et à aller bosser à Quick en préparant un concours d'école sous les yeux de mes parents.
Mon père payait le loyer (enfin, ma mère, quand elle pensait à amener le chèque, vu que elle était dans la merde et que j'avais régulièrement des appels de menace de l'agence immobilière qui menaçaient d'huissiers et d’éventuelle expulsion si je payais pas.)
Et comme j'avais pas non plus les cordons de la bourse, je me pissais dessus régulièrement de peur. Vu que c'est l'époque ou mes parents ont commencé à faire à peur près n'importe quoi.

Cette même année, j'ai la première échéance de crédit qui m'est tombé sur la gueule.
120 boules par mois.
J'en gagnais 400 (entre 350 et 400) avec le quick.
Et je mangeais, concrètement, quand ma mère me faisait les courses vu que je payais aussi plein d'aggios, et d'emmerdes de l'année où j’avais du arrêter l'école.

Ensuite, j'ai passé (une deuxième fois) le concours de la première école que j'aurais du faire avant qu'on ne me dise "non tu vas en faire une plus chère, mais mieux" (ahahaha.) j'ai été reçue haut la main dans une section difficile, et mes parents m'ont dit:
"ah nan mais si on est venu vérifier tout les mois cette année si tu bossais c'était pour euh... enfin pour que tu gardes le moral. En fait on a pas de quoi te payer l'école. C'est fini tu te démerdes."

Ahah.
Du coup, en ayant passé une année à préparer rien, et donc, perdre 12 mois de ma vie dans un studio pourrit avec un job dégeu... je me sentais pas bien.
En sachant que si j'avais fini la première école dont j'avais été virée... ben vu que mes parents m'avaient mentis, j'aurais pas pu la finir, et que la banque refusait de me faire des prêts pour les années suivantes.
Je suis retombée en dépression, j'ai essayé de me finir (la joie.) et finalement, je me suis relevée en pensant très fort à l'école de Luc Besson.
Gratuite, donc.

A cette époque, je vivais avec mon coloc.
Qui avait tellement de problèmes de thunes qu'il est parti de la baraque comme un voleur, me prenant la gazinière,  coupant le gaz, et me laissant avec ses trois mois de loyer impayé.
Et donc, avec la propriétaire qui essayait de m'expulser en plein mois de janvier, et le factures à payer.

J'ai eu une semaine pour déménager, et sauver ma peau.
(merci Gato de m'avoir trouvé un travail sinon je serai morte dans la rue avec mes chats, je pense.)
(non c'est pas une blague, à l'époque ma mère voulait que je retourne chez elle, et quand j'ai parlé de cette possibilité deux mois plus tard elle m'a dit qu'elle avait transformé ce qui devait être ma chambre en bureau et qu'il fallait que je me démerde.)
(vu qu'elle voulait pas de moi parce que je pourrais être méchante avec ma petite soeur, et éventuellement perturber leur "équilibre" à elle deux.)
(ahahah.)


Je me suis retrouvé dans un appartement moisi avec 700 euros de factures d'électricité à payer (merci coloc.) de l'ancien appartement.
Et si y'avait pas eu le Roi Mew en forme de providence pour payer le loyer du nouvel appart, j'aurais juste pas pu faire face.

...
Voila, donc là on en est là.
J'ai 300 euros par mois de crédit d'école à payer.
Que normalement j'aurais jamais du les rembourser moi même, parce que commencer sa vie avec 10 ans de crédits aussi cher, ahah, non, mais non.
Je gagnais moins de 600 euros jusqu'au mois dernier (et j'espère que le chômage va arranger les choses), mon compte en banque est en lambeau grâce à tout ces problèmes pendant toutes ces années, et quand j'ai (ahahah) ma pension alimentaire de mon père, elle me sert pas à grand chose, vu que, du coup, ben faut bien acheter à bouffer, et fallait bien payer le transport jusqu'à Pipou sur Cambrousse vu que les bus de campagne c'est cher.
Et je m'en servais aussi pour offrir le ciné au Roi qui raque suffisamment pour moi.
J'ai une mauvaise conscience, que j'essaie de racheter avec des donuts et des places de ciné.

BREF.


Donc là, en plus, on a déménagé, on a pas d'sous.
Ouaih.
Lui non plus, hein.

Je suis pauvre.
Pas une pauvre à la rue, mais pas une pauvre à la rue parce que le Roi des Ronces est là.
Sinon, oui.
Mes chats seraient certainement à la SPA, et moi roulée dans un carton.

Grâce au Roi, je suis pile à la limite qui fait chier.
Pas une Cosette, mais une meuf qui galère sec.
Je n'ai jamais eu l'esprit tranquille sur rien.
Je n'ai jamais pu me dire, "je vais aller m'acheter des fringues, j'en ai rien à foutre".
Quand je doit m'acheter des godasses, je les fait réserver auprès d'un copain qui a un magasin et je les prends le mois d'après en ayant économisé à mort. Et je parle pas de chaussures à 100 euros, hein.

Je passe ma vie à mendier à mon mec pour des loisirs.
Genre, même le cinéma.
Même pour acheter un bouquin.
Même quand on fait fucking les courses et que j'ai envie d'oréos je dois demander parce que j'ai pas une thune et que la fucking banque a jugé judicieux de m'interdire la carte bancaire.

Que tout les mois je dois aller DEMANDER et m'humilier devant mon banquier pour qu'il me donne l'autorisation de retirer les sous que j'ai gagné pendant le mois.
Que ce connard, la dernière fois m'a dit:
"Oui, ça va bien mieux, vous êtes plus sage, vous pouvez retirer 200 euros et pas 150".
MERCI ENCULE.


Humiliation.
C'est le mot.
Je me sens humiliée.

J'ai honte d'être autant dans la merde, je me sens coupable, en sachant que j'ai jamais fait de folies.
Je veux dire, le truc le plus OUF que j'ai fait, ça été de m'acheter une imprimante.
Qui m'a servit trois semaines parce que j'ai jamais eu la thune de luis racheter des cartouches.
(ahahaha.... )
J'ai honte de devoir demander, de devoir taxer de la thune au Roi pour TOUT.

Je me sens humiliée pour avoir dû des années fumer sur les clopes des copains.
Je me sens humiliée parce que j'ai un contrat photo qui pourrait me rapporter gros mais pas un radis pour acheter le matos lumière nécessaire à la réalisation de ce contrat.
Je me sens humiliée par le regard condescendant de mon banquier.

Les loisirs?
Ahaha.
Disons que s'il n'y avait pas les torrents, j'aurais pas de culture cinéma.
S'il n'y avait pas les bouquinistes à 1 euros le bouquin, j'aurais lu beaucoup moins.
Quand au reste:
C'est quand le Roi peut/veut.

Chaque fois que je fais un truc, je compte mentalement combien j'ai dans mon porte monnaie.
Chaque fois que j'ai une envie, je me dis "le mois prochain" en sachant que TOUT les mois j'ai un fucking imprévu.
Et que du coup, non, pas le mois prochain ni celui d'après.
Un jour, peut-être, quand y'aura pas d'ennuis, pas d'huissier, pas de factures, pas d'anniversaires de copains, pas de trucs à rembourser...


Voila pourquoi je vais même plus à H&M.
Je dépends ENTIEREMENT de mon compagnon.
C'est moche à dire.
Mais comment je peux me regarder dans la glace comme ça?

Je veux dire.
Même pour des trucs simple, genre, acheter 20 euros de couleurs pour mes cheveux je dois attendre d'avoir un créneau financier pour ça.
Je rêve d'avoir la spontanéité de me dire "tiens, je vais acheter une canette de coca."
C'est misérable.

Comment faire quand après, le Roi me dit:
"tu as fait le choix de faire du cinéma, assume."
Oui, certes, mais j'ai pas fait le choix d'avoir un boulet financier à la patte, ni de me faire couillonner par mes parents, ni de me faire couillonner par mon coloc...

Je fais régulièrement des crises de larmes quand des trucs que j'attendais depuis des mois me passent sous le nez parce que fucking imprévu de merde, saloperie de bâtard.
Je vais pas pleurer parce que j'ai pas pu me jeter sur le DVD de Thor le mois dernier, mais quand même, ça me fait bien chier, en fait. Je vais pas pleurer parce que mon pote tatoueur descendait du Danemark pour tatouer, qu'il m'avait promit un truc, mais que, pas de chocolat, pas de tatouage sur les bras. Je vais pas pleurer parce que je peux pas aller voir des expos, ni que j'aurais sans doute jamais plus l'occase de voir Winter Soldier ou Twelve Years a Slave au cinéma, mais ça m'emmerde.
Je vais pas pleurer parce que je peux pas acheter une batterie de merde pour mon appareil, ni que je peux pas imprimer mon book ou que je peux pas aller faire de photos à 50 kilomètres parce que essence = argent... Mais je me sens un peu prisonnière de mon porte monnaie vide.

Je vais pas pleurer pour un truc, ni pour un autre.
Mais pleure beaucoup à cause de l'accumulation de mon impuissance.

Je fais gaffe quand j'utilise mon maquillage parce que ça coûte cher et que j'en ai presque plus.
Et on a pas un rond pour aller à la laverie.

Je pleure beaucoup parce que le 8 du mois, mon compte est en dessous de zéro.
Et bien en dessous, hein.
Et que quand je veux aller demander 20 euros à la banque, le banquier me dit que, non, parce que j'ai encore le truc chose de l'assurance de merde mes couilles sur ton nez, là, qui passe dans deux jours et que, après, j'aurais dépassé mon découvert autorisé. Sans avoir jamais touché à ce putain de compte de merde.

Pour la blague:
J'ai plus de carte bancaire parce que pour mon anniversaire, ma famille m'avait offert 200 euros pour m'acheter des livres. J'ai mis les chèques à la banque, j'ai acheté des beaux bouquins pour environs 80 boules, et du coup, la banque a estimé que j'avais trop dépensé d'un coup.
Donc, clac, carte bancaire invalidée, petite gourgandine. Ah on dépense 80 euros de livres, hein!!! Comment oses-tu!
Le reste de l'argent est parti en frais d'invalidation de la carte et dans des frais supplémentaires de mon prêt.
 Ahahaha...


Voila.
Là on va partir en Angleterre chez des amis le mois prochain.
"ah ben tu vois bien que t'as de la thune."
...
Le roi ne paie pas le train, moi presque pas (de la chance dans mon malheur, toussa) malgré ça on doit prendre les allers et retours à deux mois d'écart parce qu'on est pas sûrs de pouvoir finir ce mois ci tranquillement, et on est logés chez un ami.
...

Et j'ai PAS ENVIE d'y aller.
Parce que je sais que je vais me cacher derrière mon appareil photo pour pas être tentée à Camden, que on va avoir la dalle parce que vivre en Angleterre c'est cher et qu'on va pas trop pouvoir s'offrir la bouffe...
Et que rien que d'y penser j'ai envie de pleurer.
Et je parle même pas de ramener un souvenir, hein. Faut pas déconner. Les souvenirs c'est pour les riches.
...
(non mais je me souviens des librairies là bas... c'est affreux.)

...
C'est fou, hein.
De tout ramener à l'argent.
De vivre oppressée par l'argent.
Surtout que quand j'en ai un peu mon premier geste c'est de le partager.
Et de me faire un peu plaisir.
Parce que je me dit que je le mérite.
Parce que on peut pas vivre une vie à veiller sur un trésor dont on ne va jamais se servir.

De devoir compter les centimes.
...
En ce moment je fais des rêves ou je mange des cupcakes. Et je vous jure que j'ai horreur du réveil. C'est beaucoup trop nul.
J'ai faim.
Et quand j'ai faim j'ai envie de trucs de oufs.
Mais j'ai peur de manger parce qu'on a PAS UNE THUNE.

Le truc c'est que je n'ai JAMAIS connu la tranquillité d'esprit à ce sujet.
Je ne me suis jamais autorisé à faire quoi que ce soit sans me dire que j'allais le regretter.




Alors je me contente d'être reconnaissante.
Et de l'être pour de vrai.

De me dire que mes petit chats ne sont pas morts dans une SPA par ma faute, que grâce au Roi ils sont vaccinés et en bonne santé.
De me dire que j'ai un toit sur ma tête.
Une personne merveilleuse qui vit avec moi.
Et des amis trop cools.
Que je suis entourée de gens que j'aime. Des gens juste adorables, qui ne me demandent rien et qui donnent tout en retour.
De me remercier mes ancêtres pour leurs grâces.
Que j'ai un appareil photo, que mon PC marche, et que je peux encore bosser, et c'est tant mieux.

Je ne veux pas me plaindre.
J'ai plus que beaucoup de gens très riches et très seuls.

Mais j'aimerai parfois cesser d'avoir la boule au ventre.
J'aimerai aussi cesser d'avoir des anvies, cesser de vouloir vivre une vie que je ne sais pas si je pourrais un jour considérer comme "normale" parce que j'ai trop de crédits sur le dos.

J'ai envie de me contenter de ce que j'ai.
Et j'ai beaucoup.

Il faut que je cesse de vouloir plus.
Plus ne me rendra pas heureuse.

(il n'y a pas de morale, n'en cherchez pas, c'est juste la vie, c'est comme ça.)

mardi 27 août 2013

Ode to my Family.

Autant prévenir avant de partir, je n'ai aucune putain d'idée de là où cet article va m’amener.
Cette fois pas de projet d'articles, pas de causes à défendre, pas de plan de dissertation sur des opinions plus ou moins contestables.
Juste un gros poids au fond du ventre qui étrangle le monstre, mon univers, et m'empêche de réfléchir.

C'est ma mère qui m'a apprit qu'écrire, laisse s'écouler les mots, avait le pouvoir de tarir les larmes et d'expliquer les silences.

Ma mère qui m'a dit la dernière fois que je me suis rasée la tête que j'étais moche.
Ma mère qui a monté ma jambe tatouée à tout le monde en disant que c'était bien fait mais qu'elle trouvait ça très laid.
Ma mère qui trouve normal que ma frangine traite le Roi de con.
Ma mère qui pense que je suis une menteuse, une affabulatrice.
Ma mère qui "sait" que j'ai fumé au lycée, que j'ai séché des cours, que j'ai fait des choses pas très propres avec un mec plus vieux que moi, que je me suis faite dépuceler à quinze ans.
La Queen Mom.
Ma mère.

Et puis il y a ma soeur.
Ma soeur qui ne travaille jamais, qui n'aide jamais ma mère, qui se balade dans des fringues à plus de 50 euros la pièce, qui a une gueule grande ouverte du haut de ses même pas quinze ans, et qui me jette au visage que "au final on verra bien laquelle de nous deux s'en sortira le mieux, sale conne".
Ma soeur qui refuse de marcher dans la rue en même temps que moi.
Pour qui ne compte que le prestige, le fric, et son portable.
Ma soeur.

Et ma famille.
Mes grands parents dépassés et fatigués.
Mon oncle qui en a ras le cul.
Ma marraine qui pense aussi que je raconte n'importe quoi.
Cette condescendance constante quand ils me regardent.
Cette sensation de ne pas exister, de ne pas être là, de parler dans le vide.
Parce que je suis une ado attardée, une fille en crise, avec des drôles de fringues, qui se cherche.
Ma famille.

Mon père.
Mon père encore.
Mon père jamais présent, mon père qui fuit.
Mon père qui accumule les conneries comme des perles sur un collier trop plein.
Mon père qui n'arrive pas à communiquer avec moi, et pour cause, quand on récupère un gamin à dix-huit ans passé, et qu'on veut faire son éducation, on se rends vite compte qu'on ne peut pas faire grand chose.
Mon père qui regrette.

Tout ces gens.
Tellement condescendants.
Tellement désireux de me montrer ce que doit être ma vie.

Je n'ai pas besoin de vos conseils.
Ni de votre opinion.
Bientôt, j'attendrais les vingt-quatre années.
J'ai la tête rasée, des piercings, la jambe tatouée, je pratique une religion païenne, je vis à travers mon appareil photo, je veille sur ma famille de chats. C'est ce que je suis.
Et je n'ai pas besoin de vous pour savoir ce que je suis.
Je n'ai besoin de personne pour m'accepter telle que je suis.
Je suis moi dans l'entièreté de mon être.
Peut-être que je suis étrange et décalée par rapport à certain critères, mais je suis moi.

Et vous avez fait de moi ce que je suis.

Retour en arrière.

Avant ma naissance, ma mère est tombée amoureuse, folle, de mon père.
Il était grand, plus agé qu'elle, et ça a été le coup de foudre.
Ma mère était une passionnée, elle l'a aimé sans limite, mais mon père, lui, n'arrivais pas à se dire qu'il allait se caser avec quelqu'un.
Il a trompé ma mère.
Plusieurs fois.
Elle lui a pardonné.
Elle voulait un môme.
C'était pas facile pour elle, elle a fait plusieurs fausses couches avant de m'avoir.
Finalement, elle est tombée enceinte pour de vrai.
Mon père a crisé et s'est barré en Afrique.
Quand il est rentré, j'allais naître. Il ne voulait pas de moi.
Le jour de l'accouchement, il n'était pas là.
Quand j'étais bébé, il ne s'occupait pas de moi.

Quand j'avais deux ans, il a lourdé ma mère.
Puis quand j'avais trois ou quatre, il l'a reprit.
Il lui avait promit qu'ils habiteraient ensemble, et il m'avait promis qu'ils me feraient un frangin ou une frangine.
Quelques semaines après ces promesses, il a largué ma mère, encore.
Pour toujours.

Quand j'ai eu six ans, il a demandé la garde alternée.
Je n'avais pas aller chez mon père.
Je ne le connaissais pas beaucoup, et au fur et à mesure, il s'est mis à me faire peur.
Ma mère et moi étions très fusionnelles.
C'était la personne à qui je faisais le plus confiance.
A l'école j'avais des problèmes. Je me faisais taper dessus. Je n’aimais que lire et je n'aimais pas les autres enfants. J'avais peur d'aller à l'école.
Mon père s'est mis avec ma belle mère.
Une femme avec qui il trompait ma mère bien avant ma naissance.


Ma mère s'est mis avec mon beau père.
Au début il était gentil.
J'ai eu huit ans, ma petite soeur est née.
Je voulais une petite soeur.
Ma mère et mon beau père se disputaient beaucoup.
Il y a eu un séjour à la montagne, avec des grosses disputes. A la maison, ça marchait pas très bien. Et après la naissance de ma soeur, ils ont faillit se quitter.
A cette époque, j'avais très peur de mon père.
J'étais malade à chaque fois que je devais aller chez lui.
Je ne supportais pas sa nouvelle femme.
Avec ma mère et mon beau père on a été viré d'un premier appartement.
On est allé habiter ailleurs, dans une maison.
Ma mère et mon père hurlaient l'un contre l'autre à chaque fois que je devais aller voir mon père.
Mon beau père était souvent nerveux.
J'ai écrit à mon père pour le dire que je ne voulais plus le voir.
Je ne l'ai plus vu.
Il a cessé de venir.
Mon père est parti une nouvelle fois.

Je suis allée au collège.
Je ne savais pas nouer des relations sociales, alors je me suis fait encore taper dessus.
Ma mère a dit que c'était de ma faute.
Je n'ai plus parlé à ma mère.
De toute façon, elle se disputait avec mon père.
Ma petite soeur avait deux ans.
Elle adorait son père.
Elle venait parfois dans ma chambre et elle me mordait les bras au sang.
Ma mère me disait d'être gentille avec elle.
J'ai découvert le cinéma fantastique. J'ai arrêté de vivre dans le réel, et j'ai commencé à lire des histoires.
Ma mère est retombée enceinte. Un petit frère.
Il n'était pas assez fort et il est mort sans voir le monde.
Pauvre petit frère.

On a été virés de la maison.
On a tout mis au garde meuble et on est allé vivre chez mes grands parents. Dans l'appartement de mon arrière grand mère qui venait de mourir.
Au collège, je me faisais taper la tête contre les murs, je vivais au CDI.
Ma soeur était gâtée par son père qui avait complètement oublié que j'existais.
Entre temps, j'avais apprit que mon père lui aussi avait pondu une môme.
A la maison, ça hurlait tout le temps.
Tout le temps.
Tout le temps.
J'étais tombée en dépression.
J'étais persuadée que j'allais voir des monstres qui allaient me dévorer si je regardais le noir, la nuit. J'avais peur de la mort, parce que je pensais que la mort habitait dans mon ventre.
J'avais l'impression d'être folle.
Tout le monde hurlait.
Ma petite soeur était devenue anorexique à la mort de mon arrière grand mère.
J'avais peur qu'il lui arrive mal.

Mon beau père n'avait pas donné les courriers du garde meuble où on gardait toutes nos affaires depuis le déménagement dans le petit appartement de ma grand mère.
Ils ont tout envoyé au broyeur et vendu le reste.
On a tout perdu.
Toutes les photos.
Tout les souvenirs.
Tout nos jouets.
Ma mère a hurlé tellement fort ce jour là.
Je n'ai jamais entendu quelqu'un hurler avec autant de désespoir.
Ca a hurlé encore plus fort dans la maison.
J'ai commencé à détester mon beau père.
Et ma soeur me détestait pour ça.
Ma mère me prenait pour une folle.
Je me prenais pour une folle.

On est allé habiter dans une autre maison.
Ma soeur a eu un chien.
Mon beau père a tapé sur le chien.
Je suis rentrée au lycée.
J'avais envie de mourir tout les jours.
Au lycée, j'avais des amis. C'était bien.
Je m'y sentais mieux que chez moi.
Je suis devenue gothique par amour des fringues de mes potes et par amour de la littérature.
Ca hurlait à la maison.
Ca hurlait tout le temps.
Je ne pouvais plus dormir.
J'avais l'impression que si je dormais j'allais mourir.
C'est la musique qui m'a sauvé. C'est Placebo qui m'a sauvé. C'est Peter Jackson qui m'a sauvé, lui aussi.
J'avais définitivement perdu contact avec le monde réel.
Je voulais vivre pour sortir de cet enfer, ne plus voir mon beau père, ne plus entendre les hurlements perpétuels, les disputes, mais si j'avais vu la mort arriver, je l'aurais accueillit avec soulagement.
Je ne parlais plus à personne.
Plus à ma mère, plus à ma soeur, j'avais envie de tuer mon beau père.
A table, on me rabaissait toujours. Toujours. Je détestait les repas. On me disait toujours que je n'étais pas assez bien.

J'ai eu le bac.
Sans aucune fierté.
Je savais que je l'aurais, et je n'avais même pas travaillé pour ça.
Je voulais m'en aller de la maison et faire du cinéma.
Hors de question.
On m'a mis en fac de langue.
Je n'y ai rien foutu.
J'ai commencé à fumer parce que j'avais faim, parce que ma mère n'avait plus d'argent à cause de mon beau père.
J'ai rencontré My Love, mon amie de galères, et elle m'a aidé à aller mieux.
Elle m'a poussé à passer les concours d'école d'art.
Ma mère a lâché l'affaire, on a fait un emprunt à la banque.
Ce n'était pas l'école que je voulais, mais, soit, j'allais pouvoir faire ce que j'aimais.

A la maison, c'était le chaos.
La famille était folle.
Ca hurlait tout le temps.
J'en prenais plein la gueule comme tout le monde.
Tellement de méchanceté, tellement de haine.
Je ne sais même pas s'ils se rendaient compte.
Je rendais les coups pour ne pas hurler.
Je ne pouvais toujours pas dormir.
J'écrivais.
Pour ne pas être dans cette réalité.
Pour ne pas vivre cette vie.

Avec mon petit ami Soleil, j'ai pu échapper un peu à tout ça.
Etre moins chez moi.
Finalement, mon beau père est parti.
En laissant des dettes, et en traînant ma mère plus bas que terre devant ses propres parents.
Mon père a profité de ce moment pour réapparaître.
J'ai rencontré mon autre soeur.
Je lui ai donné tout l'amour que je pouvais.

J'ai fait mon école d'art.
Mais même mon beau père pati, la violence était continuelle.
Normale.
Des cris tout les jours.
Des menaces.
Des insultes.
Je voulais la paix.
Mon père a donné de l'argent, j'ai payé un appartement à côté de l'école.
Les fournitures, le papier, tout ça coûtait tellement cher...
J'ai eu faim.
Faim.
Si faim.
J'ai prit un chat pour ne pas être seule, et il y avait Soleil, qui n'aimait pas ce que j'étais, mais ça allait parce que je n'étais pas toute seule.
J'avais quelques amis de l'école.
My Love est partie en Angleterre. J'ai beaucoup pleuré.
La dépression est revenue.
Le monstre de la Mort dans mon ventre me mangeait de l'intérieur.
Je n'ai pas fini ma licence à l'école.
Ma mère ne me parlait plus beaucoup.
Mon père essayait de me comprendre.
Ma soeur me méprisait.

J'ai prit un nouvel appartement, j'ai commencé un travail, commencé à étudier pour un autre concours, à Angoulème.
Mon père venait voir si je travaillais.
Vers la fin de l'année, il m'a dit qu'il ne m'aiderai pas financièrement pour ce concours.
J'ai tenté quand même.
Je voulais pouvoir me rattacher à ma seule réalité.
La réalité dans laquelle je voulais vivre et qui n'était pas celle dans laquelle on m'avait poussée de force.
J'ai eu le concours.
Je l'ai eu.
Moi toute seule.
J'étais fière.
Mais il n'y avait plus d'argent.
Plus de bourses. Les dettes de la première école.
Alors, non.
Non, je n'irais pas dans cette nouvelle école.
J'ai essayé de me tuer.
J'ai vraiment essayé de me tuer.
La Mort n'a pas voulu de moi.

J'ai rencontré les Dieux de mes ancètres.
Puisé en moi l'espoir, je me suis accrochée à mes rêves.
Avec ma mère ça allait très mal, avec mon père aussi.
Ils ont payé une dame pour qu'on puisse se parler tout les trois, devant elle.
C'était ridicule.

Je voulais avancer toute seule.
Qu'importe le chemin.
C'était trop fort pour moi. Ce qui vit en moi est plus grand que moi même. Et je devais avancer.
Même si on se moque, même si ma mère me rejette, même si mon père s'emporte.
Je me suis retrouvée quasiment à la rue, j'ai failli crever de froid et de maladie.
J'ai rencontré le Roi.
J'ai encore déménagé.

Et maintenant, je suis là.

Alors qui?
Qui va me dire comment mener ma vie?
Qui va me dire ce que je suis supposée faire?
Qui va me dicter mes envies?

Ma mère?
Mon père?

Non.

Je ne suis pas une menteuse.
Je ne ment pas.
Je n'ai pas prit de drogue.
J'ai commencé à fumer à la fac.
J'ai eu un mec qui avait quinze ans de plus que moi, mais on a couché ensemble, quelques fois, et c'est tout.
Je n'ai jamais été pétée à plus en savoir où j'habite.
Je n'ai jamais eu de dettes.
Je n'ai jamais fait de mal consciemment à qui que ce soit, si ce n'était pas pour me défendre.

La seule chose que je veux.
Que je veux.
Plus que tout, plus que n'importe quoi d'autre.
C'est la paix.
Etre tranquille, dans mon chemin, avec MA famille.
Celle que je me suis faite.
Mes amis, le Roi, mes petites boules de poil.

Et je défie quiconque, parents compris, de venir m'apprendre à vivre.
De me dire comment je dois m'habiller, me coiffer, comment parler, comment vivre.

Parce que je sais qui je suis.
Qui je suis malgré vous.
Je suis fière de moi.
Je suis contente de la personne que je suis devenue.
Et il me tarde de voir la personne que je vais devenir.

Avec ma conscience pour moi.
Et une conscience nette.

Bien à vous.

Leo  QueenOfBones-
From Bones-Land

mardi 26 février 2013

On a tous nos petit problèmes...

On a tous nos petit problèmes.
C'est vrai.
Et ça sonne un peu comme une confession, mais je suis jalouse.
Genre, ça va, je me maîtrise. Je hurle pas sur les femmes qui matent son Altesse le Roi des Ronces dans la rue (elles ont bien raison, allez-y, c'est fait pour ça), et ses amies ont le droit le de papouiller dans tout les sens. (Vous croyez que je me gène pour me jeter sur ma Muse quand je le vois et renifler son parfum à grand bruit? Non. Et j'aurais tort parce qu'il sent bon! Voila!)
Alors ouaih, je suis jalouse.
Et mon petit problème de jalousie c'est son ex, au Roi.
Son. EX.


Suspense insoutenable.

Je tiens à dire que bon, c'est pas à moi de la juger, c'est une charmante personne, et je n'ai rien de personnel contre elle.
On a quand même fait des trucs cools toutes les deux, et je crois qu'elle m'aime bien. Je la connaissais elle avant de le connaitre Lui.
Mon problème c'est qu'ils sont resté quasiment trois ans ensemble, que c'était une histoire longue, difficile, avec quand même pas mal d'amour et de blessures, et que si mon ex, Soleil le hippie, est parti sucer des pissenlits Suisse pour vivre, elle, elle vit à Dobor, elle a les mêmes connaissances, elle est dans le même milieu, et même si on ne se croise que très peu, sa présence est indécrottable.
Genre, tellement indécrottable que même le truc qui lave plus blanc que blanc à en faire des trous dans le linge, il en vient pas à bout.
Elle est LA.
Et ça me rend dingue de jalousie qu'à côté l'hydre de Lerne est une créature à la cool avec parfois quelques petites sautes d'humeur.


Sexy beast.

Comme j'intériorise vachement, en plus, j'en dis pas grand chose, et je fais des crises d'anxiété qui me donnent envie de courir nue dans la neige.
Bon, y'a pas de neige (tristitude), et courir nue sur les voies du train (j'habite à côté d'une gare et tout les matins j'entend les trains klaxonner dans le lointain en de joyeux "Papouet!"  musicaux) est assez risqué.
Mais c'est l'ambiance.
L'idée que cette fille est pas loin me rend mââââââlllllâââââde.
(à peut près aussi malade que l’orthographe du mot ci dessus.)
(ça pique les yeux.)
(ouch.)

Oui, je sais, mon altesse perd la boule au point d'en faire (presque) choir sa charmante couronne d'os frais du matin. J'abuse.
Après tout, ça pourrait très bien se passer, elle a un copain (aux dernières nouvelles, il me semble), le Roi Mew vient camper sa tente et sa bibliothèque dans mon salon, j'ai aucune raison de m'en faire. Il faut que je relativise.
Mais j'y arrive pas.
Huhu, life joke, so funny.
Sa présence est PARTOUT.
Genre, incrusté dans les murs de ma vie, so poetic, you know.

Stitch.
Ce poète.
Un maître pour nous tous.

Elle est dans les gestes de mon Roi.
Dans ses frayeurs.
Dans ses traumas.
Dans ses habitudes.
Dans ses mots.
Elle est dans les photos.
Dans les bouches des gens qu'on croise.
Mes amis la connaissent.
Ses amis la connaissent.
Le net suinte encore de traces de leur relation.

Cette histoire sent comme de la merde fraîchement épandue dans un champ de coquelicots.
Ca va peut-être aider notre histoire à devenir plus belle en nous apprenant ce qu'on ne doit pas faire mais ça va puer la mort pendant longtemps.
...
Elle est le cadavre dans mon placard.
Ca prend de la place, c'est lourd, et les asticots se marient mal avec mon lambris.
(En plus, à nettoyer, c'est trop la galère.)
(Suivons bien mes métaphores foireuses.)
(C'est ardu, n'est-ce pas?)

En plus, cette nana, oui, j'en suis jalouse.
Je suis jalouse parce qu'elle est belle. Elle a un corps fin et musclé, et toutes les fringues, toutes les coiffures lui vont.
Certes on a tous nos différences, mais à côté, je fais quand même environs vingt-cinq kilos de plus, j'ai ni muscle ni ventre fin, et le visage d'une enfant. Quand je la regarde, je me sens un peu comme l'éléphant qui regarde la petite gazelle sautillante. T'as beau être un très beau éléphant, tu n'auras jamais le charme d'une petite gazelle.
(Mais tu n'auras pas de prédateur et connaîtra le doux plaisir des bains de boue. Chacun voit midi à sa porte. )
(Quoique si, un alligator ça peut noyer un éléphanteau, non? Depuis combien de temps n'ai-je pas regardé le national géographic?)
(Ce n'était pas le but de cette métaphore.)
(Je m'égare. Où en est-on?)

Donc, oui elle est belle.
Y'a des photos sublimes d'elle sur le net. Même des photos avec le Roi.
Alors l'art c'est l'art, je suis la première à le défendre, mais je sais que je ne pourrais pas m'empêcher de regarder ces photos en m'auto flagellant parce que j'aurais jamais d'aussi jolies cuisses, que ces photos sont belles, et que j'ai toujours été maso.
(Pour passer autant de temps à entretenir une tignasse couleur "Ariel peut pas test" et la planquer tous les jours sous une casquette Domac, faut être franchement masochiste.)
(Notez, pour porter des corsets et des plateformes de 15 aussi.)
(Et pour élever trois chats, c'est plus du masochisme, c'est l'art de se faire souffrir en échange de trois ronrons.)
(Tuez-moi.)

Bref.
Elle est belle.
Belle à en crever. 


Have I ever said How I love Freddie Page?

Et puis, passer presque quatre ans avec quelqu'un, ça laisse des traces.
Le Roi est un être d'amour, un être parfait (oui, un Roi, ça brille et ça pète des pépites d'or) (malheureusement il refuse de manger des flageolets et nous restons pauvres) (le cuistre), et quand il aime, il ferait tout pour la personne qu'il aime. Il aurait sans doute tout fait pour elle. J'en ai aucune doute. Pour s'être fait jeter trois fois et être revenu deux fois, il était amoureux.
Il l'a porté, il l'a aidé, et si elle avait voulu, si leur relation s'était calmée, ils seraient encore ensemble, et il continuerait à l'aimer et à la protéger.
(Voici une des nombreuses raisons pour laquelle le Roi est aussi un Mew, pokemon légendaire ultra rare. Son dévouement. Mais le long flagelle qui vole au vent n'a rien à voir dans la comparaison.)
(Bande de pervers.)

Je sais qu'il l'a aimé plus que de raison.
Qu'elle a planté ses griffe en lui.
Puisque les cicatrices de cette relation suintent encore dans mes mains.

Et, bon...
On va dire que ma bonhomie naturelle de dirigeante tolérante d'un royaume à la cool s'efface vite derrière la jalousie absolue d'une femme qui a été tant aimé par l'homme que j'aime moi-même plus que tout.
J'envisage même de me mettre à la méditation tibétaine pour évacuer ce stress inutile.
...
Non, j'déconne.
Je vais boire de la bière pour oublier.
Faut pas abuser.

Où que j'aille sur le net, je la trouve.
Où que j'aille sur le net, je trouve des traces de leur couple, comme si tout était encore là, bien vivant.
Et j'ai la désagréable sensation que l'homme amoureux, mon Roi, une fois qu'il est loin de chez moi, et que je tombe devant les reliefs vifs de cette histoire, est encore plus loin que je le pensais. Notre relation ne devient plus qu'un concept auquel je m'accroche, parce que je suis une créature de doute.
Que l'éléphant, la gazelle, toutes ces choses...
Et que je me meurs...

Le smiley parachève la pitoyabilité de l'instant.
Tout est une histoire de détails, finalement.

Dans ces moments là, j'ai envie d'être seule.
("Because I'm tout seul...")
De ne pas me coucher dans le lit avec Son parfum, de cacher Ses affaires qui sont dans le placard à un endroit où je ne pourrais pas les voir, et d'oublier qu'Il existe parce que j'ai trop peur que elle, elle revienne.
J'ai trop peur de sa présence.
(Ouaih, c'est con. Et je crois aux fantômes aussi. Tac. Je fais ce que je veux. C'est un royaume libre et indépendant ma p'tite dame.)
Sa présence qui colle à sa peau à Lui.
Je vois son image, je les vois eux, je me dis que si elle avait pas fait ce faux pas, ils seraient encore ensemble, et j'angoisse.
Alors peut-être que l'histoire ne s'est pas passé comme ça. On ne change pas le passé.
Mais je ne contrôle pas cet élan de jalousie dingue et débile (avouons-le) au fond de mes tripes. Qui me fait pleurer devant les méandres d'internet et de facebook.

Pas plus que je ne contrôle cette infériorité crasse en mode éléphant-gazelle qui me prend quand je la regarde.

Et si jamais elle revient?

Et quand je serai dans la Capitale dans mon école, et le Roi ici, à Dobor, si elle revient, qu'elle lui montre qu'elle a changé, alors que moi, je ne serai jamais là?

Bonjour, je suis super angoissée.
Ma faiblesse: j'ai peur de tout, tout le temps. J'ai peur de toute perdre; parce que je ne suis pas assez bien.
Mon point fort: au moins, j'ai de l'humour et du recul. C'est l'apanage des tarés solitaires. Ceux qui collectionnent les chats. Et les livres de Fantasy. Et les bibelots de geeks.

Au moins, je relativise avec moi même.
Je ne peux atteindre son seuil de beauté. Je porte mon poids en bijoux pour me sentir exister et j'ai un sérieux problème alimentaire, les hanches et le bide qui vont avec.
Mais je tolère mon corps.
Genre, je peux pas le regarder, mais je conçoit qu'on le trouve regardable.
Elle est restée des années avec Lui. Et on en voit encore les traces un peu partout. Moi j'ai fini de couper le cordon avec cet idiot de Soleil hier, que même mon ordi, il le connait plus. Et finalement, je me sens bien.
Et j'ai envie d'envoyer valdinguer facebook à grand coup de tatane pour garder en mémoire toutes ces choses.
Internet me tuera, les photos auront raison de moi.
Enterrez-moi sous une pile de pellicules de films et mettez le feu à mon corps.

Je déconne.
Les pellicules, c'est précieux.
Ce serait du beau gaspillage.
Enterrez moi sous une pile de DVDs gravés avec l'intégrale de Chaplin, Keaton, et Winding Refn.

En réalité, je me sens comme Clementine, dans Eternal Sunshine.




J'ai l'impression de toute faire pour être moi-même, mais qu'en faisant cela, je ne suis comparable à personne d'autre, en devenant complètement déshumanisée.
On me dit à moi aussi souvent que je suis un concept.
Qu'est-ce que c'est qu'un concept?
Est-ce qu'on peut serrer longtemps un concept dans ses bras alors qu'on a enlacé une femme comme celle que je jalouse?

Trop grande.
Trop imposante.
Trop moi-même.

...

J'aurais aimé être à sa place.
Ou que ça ne se finisse pas entre eux.
Mais je me sens tel Bastien devant les ruines de Phantasia, qui doit reconstruire un monde dont il a lu l'histoire. J'ai peur de mal faire. Et je ne me sens pas à la hauteur.
(Et en ce moment je lis l'histoire sans fin. Et je vous le conseille.)
(c'était l’aparté littéraire.)
(profitez-en, il y a une réédition, et ça fait dix ans qu'on l'a pas vu en rayons.)
(je ne suis pas payée pour dire ça, notez bien.)


Je regarde les images du passé, et ça me fait mal au coeur.

Oui, je suis jalouse.
Une jalousie terrible.
Jalouse d'une chimère. D'une ombre. D'une ombre dont je sens l'odeur sur Sa peau à Lui.





Et il n'y a malheureusement rien à faire.
A part l'écrire pour que ce sentiment perde de sa valeur une fois partagé et une fois lu.
A part cacher toutes les affaires du Roi au fond du placard se terrer sous la couette en se persuadant d'être seule au monde, parce que ça serait quand même vachement plus triste mais beaucoup moins douloureux.

On a tous nos petit problèmes.

...
Meet me in Montauk.



(PS:
Quand je serai grande, je veux faire un film, qui puisse être aussi juste, et beau, et bien fait, que Eternal Sunshine. Le cinéma sauve des vies. Et peut guider les gens vers le meilleur. )
(PPS: l'avalanche de parenthèses à la con empêche cet article de tomber dans le pathos. Uniquement. Bisous.)



mercredi 23 janvier 2013

And I scream.


Je n’ai pas envie de dormir.
Je n’ai pas envie de lire.
C’est en ces heures que j’aime par défaut que je ne peux laisser mon cerveau m’assaillir.
Je ne peux le laisser créer des images qui vont entrer dans mes yeux pour me dévorer lentement.
J’ai peur de mon propre esprit.
Parce que je suis enceinte d’un monde hurlant, qui s’accouche par mes doigts et ma voix au grès de mes histoires, je ne peux demeurer trop longtemps en sommeil. Sinon, il prend le dessus, et il me hante en des monstres déformés.
Ce qui était un paradis d’os peuplé de coquelicots devient machines hurlantes, monstres, et flots de sang noir qui coulent par ma bouche.
Je suis hantée par les fantômes tordus de mon désespoir.
La matière de mes fantasmes couchés sur papier est faite des fœtus de mes peurs et de mes frustrations. Quand je les laisse courir libre, ils redeviennent mensonges, ils perdent leur beauté pour se faire monstres sous la lune fermée de mes paupières.
J’ai peur de mes désirs.
J’ai peur de mes angoisses.
J’ai peur de ce cerveau si brillant qui j’ai affuté pendant tant d’années, à la lumière de récits, pendant des heures de recherches et de curiosité. Je sais qu’il pourra ramasser toute la matière de mes songes pour me la jeter au visage.
Je connais le monstre noir, la bête de désirs infâme et de haine hurlante qui se débat et vit au sein de mon ventre. Là où l’utérus des plus sombres cauchemars abrite l’horreur dans les plis de sa demeure de sang.
Il est là, le monstre.
Je vois son visage, et je le connais, je le sens bouger.
Je sens ses griffes se resserrer autours des attaches de mon cœur.
Il a déjà tenté de me tuer. Une fois, il a tenté de toute arracher.
Ce monstre fou, recrachant du pus de bave sanglante par ses gencives pourries, il est venu disséquer mon cœur mal attaché, et a violemment tiré dessus.
Mais j’ai été sauvée par l’enfant univers que je porte, il m’a tiré vers la vie.
Parfois je souhaite être tombée entre les doigts secs de racines rances du monstre qui se tapis derrière mon estomac.
Mais c’est toujours lui qui vient me consoler une fois que j’ai succombé à ses assauts réguliers jusqu’à en avaler mes larmes et ma morve, les yeux rougis, la voix cassée d’avoir hurlé, les mains fracassées d’avoir tapé si fort sur les murs. C’est toujours lui qui me prend dans ses bras osseux et parcheminés, c’est lui qui me susurre des mots affreux pour me rassurer. C’est lui qui plante des os dans le jardin des coquelicots, rétablissant l’équilibre.
Je n’ai personne d’autre contre qui me blottir.
Je n’ai personne d’autre en face de qui je pourrais hurler ce trop plein de terreur qui comprime mon abdomen et tire furieusement les tendons de la chair de mon cœur. Personne d’autre pour me regarder pleurer que ce monstre au visage d’épouvantail, aux yeux aveugles.
Lui, il sait. Le monstre sait.
Il se tait quand je hurle.
J’ai peur de mon cœur.
J’ai peur de sa faiblesse.
J’ai peur d’aimer aussi, parce que Cœur est mort vivant, et que le monstre griffe sur lui ses ongles sales si souvent.
Quand je découds les pans de ma cage thoraciques et que j’entrebâille les côtes pour laisser passer les battements de Cœur malade, ça ne l’expose pas qu’à la personne à qui il est montré.
Ça l’expose au monde.
Quand les côtes sont grandes ouvertes, écartées des deux côtés, me transformant en épave de navire à la coque de peau, alors le monstre regarde. Et l’univers bouge. Et je risque la mort.
Parce que je suis un coquelicot dans un champ d’os.
C’est si facile dans ces conditions, de frapper un grand coup dans la poitrine ouverte.
Et c’est si beau de regarder les boyaux voler, les os se fracasser en gerbes de sang.
Comme tout ceux de mon espèce qui avons jadis, quand le monde n’était pas monde, volé avec les oiseaux, nous nous cachons pour souffrir. Nous ne crierons devant personne. Nous ne soufflerons pas, ni ne bougerons quand l’enfant Univers se fera échapper par les coups de pieds au Cœur.
Nous irons trouver le monstre pour hurler.
Le monstre qui pleure de ses grands yeux vides.
Nous pleurerons avec lui, nous cachant des coquelicots.
Aux heures où la nuit se fait manteau.
Ces heures que j’aime car elles sont le berceau des ombres qui me cachent.
Ces heures où j’ai si peur de dormir…

dimanche 30 décembre 2012

I'm a poppy girl, a skeleton.


Je viens de me faire larguer.
La place de King of Bones est toute vacante.
Elle l'était déjà avant. Il n'était jamais là, de toute façon.

Jetée, avec quelques mots.
Il ne m'aimait pas de toute façon, alors, qu'est-ce que ça peut bien faire?

Ma majesté a répondu au sms de rupture (sms, classe, j'adore me faire larguer par texto. je trouve ça décent.) (non, je rigole, c'est un truc de minables.), avec une phrase magnifique:
"Je m'en fiche, j'ai acheté du vernis à paillettes. Bisous."
Je sais pas, c'est la première chose qui m'est venue.

C'est pas lui, le problème. C'est pas que lui m'ai largué.
Il m'aimait pas, il me baisait, je l'aimais plus à force qu'il ne m'aime pas. Et voila.

Le problème, c'est que, depuis un an, c'est ma 4ème rupture.

Je suis comme un coquelicot.
Quand on me voit dans un champ, avec ma crinière rouge, j'ai l'air très jolie. On a envie de m'avoir. De me cueillir.
Mais quand on me cueille, quand on me voit de près, je ne suis plus si intéressante. Quatre pétales tout froissés.Un gros coeur noir. Et c'est tout. Pas de mystère.
Quand on me bouscule, je perds des pétales, et on me jette. Et c'est tout.
Je suis une fleur que l'on tient à la main dix minutes.

Quatre ruptures.
En un an.
C'est facile, de toute façon, la prochaine fois, je passe du côté "salope" de la force.
Un homme qui a plein de meufs, c'est un don juan, une femme, c'est une salope, c'est comme ça.

J'ai toujours été sincère. Je me suis toujours dit que ça allait marcher.
Je n'ai jamais été une salope.

Avant que je devienne la Queen of Bones, j'étais avec un garçon. (Appelons le Bob. Bob, ça a un petit côté débilos.) Ce garçon m'aimait bien. On est resté longtemps, longtemps ensembles. Plusieurs années. Mais il a passé toutes ces années à essayer de me changer. A penser que je faisais une dépression. Qu'il fallait me sauver de mon "état".
A l'époque, je ne mettais pas encore de vernis à paillettes, et je n'avais pas les cheveux rouges.
J'essayais d'éclore. De devenir la Reine des Os.
De devenir moi. Dans tout ce que ça implique d'entier et de cheveux rouges.
(Très important, les cheveux.)

Il m'a quitté parce que j'étais trop "moi" et pas assez "lui".
J'aimerai qu'il s'étouffe avec son étroitesse d'esprit. Et j'aimerai avoir eu le cran de le quitter.

Puis, bon, j'en passe et des meilleures, question ruptures, mais "tu es trop punk" (OLOL!! ), "nos mondes sont trop éloignés l'un de l'autre", "je n'ai pas de frisson quand je te vois" (captain igloo!!), "je pars coucher avec ma meilleure amie, j'ai pas réussi à m'attacher à toi comme je l'aime elle" (ça, ça mérite un award), "je n'ai pas envie d'être avec toi, je ne ressens rien pour toi", "tu fais peur aux hommes" ,etc, etc...

Je suis donc un problème à moi toute seule.
C'est cool.
Quand j'étais une tanche, très loin de la Queen, que j'étais dépressive, j'arrivais à avoir une stabilité sentimentale, et maintenant, ahaha. Alors que maintenant, je suis une vraie personne.

Je suis la Reine d'un monde intérieur.
Une fille coquelicot.
Un squelette dansant.

Et je fais peur aux hommes.




Il n'y a pas d'amertume.
Juste une constatation simple.

Je suppose que le futur King of Bones est un autre coquelicot.


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Chérie a mis en ligne une nouvelle toute belle que je vais très prochainement illustrer.
Cours-y vite!!

http://lechatsansombre.wix.com/come-back