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mardi 22 juillet 2014

Non, tu ne penseras pas à ma place.

Je suis assez fatiguée.
J'avoue être assez fatiguée.


"Salut, je m'appelle David, j'ai 31 ans, et ça va pas trop bien dans
ma vie, j'aimerai en parler."

J'en ai marre de passer mon existence féminine (oui parce que j'ai fortement tendance à me voir à la base comme un être asexué. C'est la société et mon entourage qui me font rentrer dans le moule de "femme". Je me vois comme un individu non sexué qui porte des vêtements de femme ou d'homme selon son choix. Ma vie ne se termine pas à l'horizon de mes nichons, merci bien. Je suis un individu avant d'être un genre.), de passer mon existence féminine, donc, à expliquer PUTAIN DE POURQUOI c'est quand même la galère d'être h-24 considéré pour le commun des mortels comme des nichons à roulettes.

...
Remise en contexte.

Y'a quelques jours, j'ai fait tourner la BD d'un Putride (cette chose) en sous-titrant sobrement "cette chose pue;"

La chose en question, pour les deux du fond qui dorment, c'est une BD qui explique pourquoi les féministes sont des nanas qui exagèrent, que le féminisme c'est quand même un truc de connasses, que faut pas mettre sur le même plan un viol et une agression verbale qui est somme toute un truc banal (wtf) (et ceci illustré par une magnifique image de viol) (meuh si) , qui va démonter le sublime Projet Crocodile en disant que oh, bon, c'est pas vrai, les femmes n'ont PAS à voir dans chaque homme un agresseur. Qu'après tout, hein, 80% des gens responsables d'homicides sont des hommes, hein, et que ils auraient certainement préféré se faire toucher le cul, les pauvres, que de crever, blablablah.

En gros sous couvert d'humour (AHAHAHA BLAGUE) le contenu puant de ce pamphlet anti-femmes crache quand même à la gueule de toutes les victimes d'agressions, et de toutes les féministes.
TOUTES.

Alors je vais pas démonter cette chose, d'autres le font bien mieux que moi.
(d'ailleurs l'auteur de cet article se fait copieusement insulter dans les commentaire. bravo.)

Mais j'aimerai réagir (et ceci dans le plus grand calme car je suis devenu maître de yoga tantrique depuis que j'ai embrassé la cause féministe sinon j'aurais déjà sacrifié des poulets à Satan plus d'une fois).
Et j'aimerai réagir à la réaction de mes "potes".


Bravo les mecs d'avoir descendu le peu de foi en l'homme
qui me restait.

Bref.
Après les quelques réactions tout autant choquées que moi que j'ai récolté, j'ai eu un commentaire qui m'a un peu fait mal au bide parce que venant d'une personne que j'adore.

Ca disait:

"GENIAL!"


Je me suis dit que, bon, c'était de l'humour au quatorzième degré. J'aime l'humour de merde, mais je me suis quand même enquit du pourquoi de cet enthousiasme. On sait jamais.
Je n'aurai pas dû. C'était mauvais pour mon ulcère.

" D'aucuns diront que le viol est à mettre au même niveau que l'homicide, cependant, cracher sur les femens, ces terroristes hystériques saluées et autorisées par le gouvernement, j'aime bien."

Ce qui n'est pas franchement le sujet de l'article. Les Femens.
Et Je ne savais pas qu'il y avait une gradation dans les crimes.
Ah si.
Suis-je bête.
Quand tu violes, des fois, tu vas même pas en tôle, vazy mon gars. C'est pas grave  t'es qu'un violeur, t'as tué personne. Continues ta vie tranquille.

J'ai une copine qui répond:

"Mais les femens ne sont pas les féministes."

Moi personnellement je ne juge pas la manière de défendre la cause. Je me dis juste que simplement que si tout allait bien pour les femmes, elles auraient autre chose à foutre que de manifester torse poil. Mais passons.
Réponse de mon ami:

"Certes, enfin, tout dépend du courant féministe. Ne te méprends pas, je suis pour la parité, terme qui n'est pas sujet à autant d'interprétations subjectives que le terme féminisme."Propos certes plus nuancés.
J'en rajoute cependant une couche.

 "Oui mais sinon, globalement, le mec il dit que bon, le harcèlement de rue, oh, c'est bon, soit bien contente, hein, encore heureux, on t'a pas violé.Et quand bien même, ho, des fois y'a des gens qui meurent et tout. le viol spas grave;"

La réponse m'a donné envie de crever.
Sincèrement.
J'ai eu envie de me jeter de ma fenêtre tête la première tellement ça m'a désespéré.

"Je pense qu'il dit ça sur le ton de l'humour, quand même bien présent tout le long de l'article... Sinon, ouais c'pas cool, mais j'ai quand même bien ri."


Aaaaaaaah.
L'humour.

Attiser la haine sous couvert d'un "humour" bien puant disant que le viol c'est pas grave, et que les agressions verbales subies quotidiennement sont "banales".
Montrer TOUTES les féministes en tant que grosses dégueulasses vegan (et donc? c'est pas bien?) hystériques pour désensibiliser les gens à la détresse des femmes harcelées et violées.

C'était hilarant, vraiment.
Vraiment drôle.
Je me gausse.

Bref.

Ensuite, aujourd'hui, j'ai eu un pote qui est venu chez moi, à Bones-Land.
Qui est quand même un lieu de tolérance et d'ouverture d'esprit.
Et c'est la raison pour laquelle je ne l'ai pas sorti à coups de pieds de chez moi.
(ça et parce que je suis un ninja-yogi of the death de la maitrise de soi. )
*efface des larmes de rage*

Premier malaise:
Avec le Roi et mon pote, on s'est fendu la poire devant des clips rétros.
Et mon pote, dès qu'il y avait une nana à l'écran se fendait d'une "chaguasse" ou d'une "salope" ou d'une "chaudasse".
Bref.

Alors qu'on s'était tapé du Bon Jovi juste avant, un mec qui s'hyper sexualise pour vendre à un public majoritairement féminin, et un peu avant des boysband qui faisaient exactement la même chose, les nanas sexualisées se prenaient des réflexions sexistes.
(Et pas qu'un peu.)

Et ça je ne supporte pas.
Mais genre, non.

"Couvre toi femme, sinon tu vas passer pour une salope;"
C'est exactement la même manière de raisonner que les flics qui demandent aux nanas comment elles étaient habillées alors qu'elles viennent de se faire violer.
Si t'es pas habillée en nonne t'es pas une fille bien.

Moi qui passe la majeure partie de mon temps féminisé en jupe micro courte parce qu'il fait 50 à l'ombre, je vous emmerde. 


Deuxième malaise:

"Attends, l'article là, la BD que t'as publié sur le féminisme, c'était vachement drôle."

...
Ouioui.
Cette BD là.

Et là s'en suit une explication d'une plombe sur pourquoi c'est drôle, parce que s'en prendre aux féministes qui en font "trop", c'est bien, etc.
Et ensuite une explication encore plus longue sur le fait que moi je m'énerve à chaque fois pour rien, et que je prends les choses beaucoup trop à coeur, et que de partager cet article en dénonçant sa violence ne sert à rien, qu'informer les gens n'est pas utile, et que y'a plus grave. Que définitivement, ça vaut pas le coup de se battre.
Et que si les femmes veulent que les choses changent, elles ont qu'à utiliser le même support que lui.



Ca tombe bien, c'est juste l'un des TRES nombreux articles de mon blog parlant du sujet du féminisme, du harcèlement quotidien que les femmes subissent...
Et un nombre relativement importants d'article sur le sujet on été fait par des femmes, comme par des hommes, et sont très relayés, merci bien.

Alors.

J'embrasse les causes que je veux. Premièrement.

Je me suis entendu dire que "non mais soit on agit soit on agit pas, hein, et dans ce cas, vaut mieux rien faire puisque ce que tu fais, informer les gens, ça sert à rien. C'est comme avec le Jean-Dodger (voir article précédent) dans le bar. Ca servait à rien ce que t'as fait. Définitivement tu prends les choses trop à coeur."


...

PERSONNE.
PERSONNE et surtout pas au sein de MA PROPRE MAISON n'a à me dire de manière condescendante si ce pourquoi je m'énerve est valable.

PERSONNE n'a à m'expliquer, surtout étant donné que j'ai été victime d'une bonne demi-douzaine d'agression physiques (et je ne compte plus les agressions morales sinon on y est encore dans une semaine), que ce que j'ai vécu n'est pas grave et ne mérite pas que je le prenne à coeur.

PERSONNE n'a à dire qu'une agression c'est pas grave.

Et PUTAIN DE PERSONNE n'a à dire aux femmes que leur cause n'est pas bonne à cause de certaines femmes qui, peu importe les raisons, sont extrêmement virulentes à l'égard des hommes.

Mais en parlant de ces femmes.
Les mecs.
Vous vous êtes fait traiter de temps en temps de prédateurs sexuels, ou on vous a dit parfois que les mecs étaient tous des salauds.
Parfois par des féministes convaincues.
Et du coup, les féministes sont des hystériques. Et vous n’adhérez pas à leur cause.


Moi je me fais traiter de "sale grosse pute" "d'avaleuse de queue" de "suceuse de merde" de "connasse de merde, je t'encule à sec, sale chienne".
Quotidiennement.
Mes copines, ça leur arrive aussi très régulièrement.

Est-ce qu'on en conclut que vous êtes tous des connards?
Certaines femmes, oui.
Mais pas moi. Pas mes copines.
Alors qu'un tiers des femmes s'est fait ou se fera (et ce sont les chiffres, ne serait-ce que pour sortir dans la rue, il me faut du courage) violer dans leurs vies, la plupart de ces femmes continuent à sortir avec des hommes.
Parce qu'on sait que vous êtes pas tous comme ça.

Moi je continue à vous fréquenter alors que je me suis fait agresser plusieurs fois.
Qu'une fois, un mec est descendu de sa voiture pour essayer de m'obliger à me prostituer.
Qu'une fois un autre a essayé de m’entraîner dans une rue un soir de fête de la musique pour me violer.
Que des histoires comme ça je peux en remplir des pages.

Je continue à vous fréquenter malgré ça.
Et vous, dans votre irrespect, vous me balancez, vous balancez aux autres femmes qui se battent pour que cessent ces agressions, que vous discréditez leurs causes, leurs idéaux, qu'elles s'énervent pour rien, parce que CERTAINES femmes ont été virulentes envers vous.

Permettez moi de ne pas vous prendre en pitié.


Je ne minimise pas le choc pour un homme gentil et pas agressif envers les femmes de s'être fait taxer de "prédateur" ou de "salaud" pour rien. Je me doute que c'est pas forcément compréhensible au premier abord.

Mais plutôt que condamner, questionnez vous.
Pourquoi?
"Pourquoi est-ce que les femmes me considèrent comme un danger? "

Quand je rentre chez moi la nuit, je change de trottoir si j'aperçoit un homme.
Pour ne plus jamais passer à deux doigts du viol.
Quand je croise un groupe d'hommes, et même en plein jour, je fais un détour. Parce que je sais que je risque de me faire agresser, et que personne ne lèvera le petit doigt pour m'aider.

Les hommes sont des menaces pour les femmes.
C'est comme ça.
Il n'est pas marqué sur votre front que vous êtes un mec bien. et dans le doute, surtout dans la tête d'une personne qui s'est déjà faite agresser, vous êtes un potentiel danger.

Et ce n'est PAS la faute des femmes.
Définitivement non.

Quand vous, vous sortez de chez vous, est-ce que vous avez le risque de vous faire violer? Est-ce que vous savez que si vous avez le malheur d'oublier vos écouteurs en partant de chez vous, vous reviendrez en pleurant tellement vous vous serez fait insulter?
Est-ce que tous les jours, en prenant le tram, le bus, le métro, vous savez que vous devrez vous coller au mur pour que personne ne soit tenter de presser sont érection contre votre dos, votre cuisse, entre vos fesses? Ou qu'une personne que vous ne voyez pas ne puisse pas mettre les doigts à l'intérieur de vous?

Est-ce que c'est de ma faute?
Dites le moi, est-ce que c'est de ma faute?
Est-ce que c'est de la faute de mes copines?
Des autres femmes sur la planète?
Ou est-ce que c'est un magma de désinformation et de mauvaise éducation dans une société fondamentalement patriarcale qui considère la femme comme un dû?

Dites moi que c'est de ma faute.
Dites moi que des gens qui considèrent normal de discréditer la cause féministe à cause de quelques extrémistes peuvent diffuser des informations sans que les femmes ne tentent d'enrayer cette propagande haineuse en partageant et en informant.
Dites moi que ça ne vaut pas la peine que je m'énerve.
Dites moi aussi que vous avez rit aux immondices de ce torchon qui veut se faire appeler Bande Dessinée.
Et regardez moi dans les yeux pour me le dire.



Les propos contenus dans ce torchon sont dangereux.
Et c'est encore plus dangereux que vous n'ayez pas vu le problème. Ni la haine sous-jacente.

Vous en voulez aux femmes.
Si.
Même inconsciemment.
Vous en voulez aux femmes pour vous avoir mit dans la friendzone, pour vous avoir manqué de respect (hurm) en vous traitant de salaud ou de prédateur.

Et surtout, vous ne voyez pas le problème ni son ampleur.
Parce que si vous êtes des gens éduqués et que vous ne savez pas à quel point les femmes vivent dans la peur. Parce que vous même n'allez agresser personne.

Justement.
C'est des hommes comme vous qu'il faut informer. Qu'il faut toucher.
C'est à vous qu'il faut expliquer que les femmes ne sont pas en colère, mais qu'elles veulent que le monde change.
Elles veulent se sentir en sécurité.
Elles veulent qu'on arrête de de toujours tout ramener à un problème de genre.

Oui un viol est aussi grave qu'un homicide.
Parce qu'une personne victime de viol va devoir vivre toute une vie avec une souillure indélébile. Souvent mal comprise par ses proches, avec souvent son coupable pas condamné ou relâché au bout de deux ou trois ans.
Vivre dans la peur d'un "encore". Dans une peur constante.
Parfois cette victime va être discréditée par la justice, à base de "non mais faut pas vous étonner avec des habits pareils", ou dans le cas de viols commis par l'entourage (plus de 70% des viols) une négation totale de la chose. Parce que le viol conjugal n'est pas encore bien comprit, et que le viol familial est souvent tabou.

Il va falloir vivre toute une vie de brisure avec ça au fond de soi.
Et continuer à encaisser les menaces quotidiennes. Et dans le cas d'une femme, les attouchements dans les transports, les "salopes" dans la rue, et les agressions que l'auteur du torchon sus-cité fait passer pour des banalités.

Alors...
Oui, c'est tout aussi grave.

On a pas à "faire avec".
On doit se battre.

Et si se battre passe par dénoncer, expliquer, démontrer, que des choses aussi nauséabondes que ce tas de fumier qu'on fait passer pour une bande dessinée sont mauvaises, pas "drôles", alors je le fais.
Et je prends le temps de le faire.

Au lieu de vous traiter comme des êtres intolérants (ce que vous frôlez vaguement quand même au passage) je prends le temps de vous expliquer au lieu de stigmatiser.
Parce que je vous aime bien, que je vous estime.
Et que vos agissements m'ont fait mal.


Pour l'instant, tout les gens qui ont eu l'audace de critiquer cette BD se sont fait rabrouer.
(manière polie de dire "se sont fait traiter de salopes frustrées mal baisée ou de connards de pédés suceurs de queues)
Tous les blogueurs qui se sont attaqués à ce torchon s'en sont prit plein les dents.
Je m'y attends aussi.

Ce serait pas la première fois qu'un tas de rageux viendra me dire que je suis une grosse moche dégueulasse qui patauge dans sa propre graisse animale en bafouillant du texte maladroit dans mon blog de merde pour homosexuels du cul.
Je m'en fout un peu.

C'est mon quotidien.
Malheureusement.
Me faire insulter de cette façon, c'est mon quotidien.
Certains pensent encore que en tant qu'être possédant un utérus je n'ai pas droit à la parole.

C'est la vie.

On me dira encore que j'exagère.
Que c'est pas si grave au final cette situation.
Que je me les cherche et que ça ne vaut pas la peine que je me batte.

Mais je ne réagis pas à la haine par la haine.
Même si c'est tentant.
Même si vous trouver irrespectueux et méchant est tentant, je sais au final que c'est surtout de la désinformation.

Alors je prends patience.
Je m'informe.
J'explique.
Au lieu de laisser d'autres penser à ma place que ce n'est pas grave.
Non, tu ne penseras pas à ma place!

Oui, je partage cette BD en disant que c'est nauséabond et dangereux.
C'est pas grand chose, mais ça m'aura permit d'expliquer, de démontrer.
Encore et encore.
Réagir à la violence et au déni par la patience et l'explication.
C'est la seule voie de la sagesse.

Mais c'est pas facile.
Parce que les mecs, vous m'avez bien fait mal.





jeudi 15 mai 2014

Pourquoi se mettre à l'écart n'est pas une option.

Yoh.

Donc j'ai passé une semaine à Londres.
Et Londres, c'est bien.
C'est BIEN!

Les britanniques (il y a beaucoup d'ethnies différentes) ont un accent exquis, les gens sont polis, les rues sont très propres, ça ne sent pas le pipi, leur métro sent bon, les commerçant sont acceuillants et la bouffe est bonne. (et ouaih.)
Et surtout. Surtout.
Personne ne te regarde.
Personne ne t'insulte.
personne ne refuse de te parler parce que tu as un look décalé.
Personne ne m'a envoyé me faire foutre parce que j'ai les cheveux rasés et rouges, bleus et violets (oui je suis dans l'expérimentation, tac.)
Les Londoniens s'en foutent.
Les anglais s'en battent les burnes avec des coquillettes.
Et c'était bien.




Amère déception en revenant en France.
J'ai passé ma journée en ville, je me suis prit un nombre certain d'insultes (dont un "t'es moche" de la part d'une personne que je ne connais absolument pas.)
Putain de choc culturel.

Qu'est-ce que c'est que cette éducation qui autorise un parfait étranger à venir vous couiner sous le nez des commentaires sur votre physique.
Moi aussi je te trouve parfaitement pas à mon goût habillée dans la rue avec des sur vêtements et un gros ventre qui montre que tu n'as plus jamais fait de sport depuis ta terminale où tu te faisais régulièrement dispenser en bramant comme un veau que t'avais des règles. Mais je le garde pour moi. Car je suis polie.
(les veau mugissent mais c'était pour l'idée.)
(gnagnagna.)

Bref tout ça pour introduire l'article d'aujourd'hui et dire que je suis réellement choquée de l'attitude de mes concitoyens.

On m'a souvent posé la question:
"Si l'attitude des gens t'es insupportable, pourquoi est-ce que tu ne changes pas?"

J'y ai souvent réfléchit au début.
C'est vrai.
Si je n'étais pas acceptée par la société, si la majorité des gens me rejetaient, n'était-ce pas parce que j'étais trop différente et qu'il fallait que je change.
Malgré cela, je n'y suis jamais arrivée.
J'ai longtemps culpabilisé. Longtemps je n'ai "pas osé".
Mais je n'y arrivais pas. Rentrer dans le moule complètement. Ecouter la même musique que tout le monde. M'habiller selon une mode que je considérai plutôt stupide alors que mes aspirations vestimentaires oscillaient entre le vaguement punk et le très gothique sale.
J'ai rasé mes cheveux.
Je me les suis teint.
Je me suis maquillée comme un panda violé par un pot de peinture noire.
J'ai porté du vernis à paillettes et des chaussures à clou.
Et je me sentais bien.
Et à un moment le déclic s'est fait.



I DON'T CARE!!!
I COULDN'T FUCKING CARE LESS!!

Ces gens, je ne les connais pas.
Ils n'ont aucun impact sur ma vie.
Je ne dépends pas d'eux. De plus, si ils se permettent de me juger c'est que c'est des personnes mauvaises, ou trop hâtives, qui de toute manière ne pourront rien m'apporter.
Pourquoi the fuck je voudrais me rendre malheureuse et ressembler à autre chose que moi même pour des gens méchants à la vision étroite n'ayant aucun impact sur ma vie?

La seule chose qu'ils peuvent me faire c'est exprimer un fort mécontentement.

Seconde révélation:
Moi, j'ai un impact fort sur la vie de ses gens.
Pour qu'ils viennent se déplacer pour m'intimer de rentrer dans le moule alors que, concrètement, je ne fais rien de mal, c'est qu'ils ont peur.
Leur esprit étriqué n'est pas capable d'assez d'ouverture pour admettre qu'on peut vivre heureux en étant différent alors qu'eux même font énormément d'effort pour ressembler à tout le monde.
Je force leur esprit à voir qu'il y a autre chose que leur réalité formaté.
Et ça les mortifie au point qu'ils essaient de me faire rentrer dans le moule.

Conclusion:
Je suis mille fois plus forte, et j'ai mille fois plus d'impact que ces gens là.
Je n'ai rien à taper de leur existence, mais eux se souviendront longtemps de moi comme quelque chose qui les dérange.



Partant de là, voyons quel est le problème.
Je ne suis pas une personne déviante.
J'aime les animaux, les princesse, les licornes, je suis plutôt cultivée, et j'ai un niveau d'étude bac+3.
Je ne me drogue pas, ne boit pas des masses (parce que j'ai besoin d'énormément d'alcool pour être saoule donc ça me renvient cher, mais passons), ne fume même plus et sait monter un meuble ikea sans me planter et me retrouver avec la pièce en trop.
Globalement, au vu de ce curriculum disons que je suis pas vraiment une menace pour la société.

Mais si, en fait.
Pourquoi?
Parce que j'ai les cheveux arc en ciel et que je m'habille en noir avec des clous avec un penchant prononcé pour le mauvais goût à base de squelettes de licornes.

Menace.
Effondrement de la société sur ses bases.
Lapidez moi avec des exemplaires de Cosmo et des CDs de Maitre Gims.

...
Ce que tout ça veut dire c'est que l'allure vaut bien plus (tellement plus) que la valeur d'une personne. Et qu'on peut se permettre de te juger sans te connaitre non pas sur tes actions mais sur ta tronche.
Qu'il faudra en plus changer en fonction du vent de la société.
Tu ne vaut rien mon petit, l'apparence est tout, et tes opinions n'ont aucune importance.

Hurm.



Partant de là, je ne pense vraiment pas être le problème.

C'est la raison pour laquelle je n'ai pas l'intention d'entrer, de quelque manière que ce soit dans ce système.
Il est important pour moi de marquer ma "différence".

Premièrement parce que cette différence est rien de moins que ma personnalité. Et que je n'ai pas l'intention de l'étouffer.
Deuxièmement parce que ça serait stérile.

Rien ne changera jamais si je rentre dans le moule.
Si tout le monde rentre dans le moule la vie sera terne.
Si tout le monde rentrait dans le moule, il n'y aurait pas eu de progrès, d'avancées, et de changement des esprits. On continuerait à s'éclairer à la bougie et à lapider les femmes célibataires.

Il est impensable pour moi d'accepter un système ou l'apparence compte plus que les compétences, et ou l'agressivité prime sur le respect d'autrui.
Il est impensable pour moi d'être dans un monde où des médecins ont refusé de soigner successivement une amie très malade et une moi-même très mal en point parce qu'on était sois disant des droguées.
(mec, si je prenais de la dope, crois moi que j'aurais pas une crinière de poney magique, je dépenserait l'argent de mes cheveux en drogue et je serai vraiment moche, pour le coup.)

Il est impensable d'être dans un monde où des inconnus t'insultent dans la rue.
Prennent le droit de te juger.
Non mais QUI êtes vous pour oser m'insulter?
Soit la personne la plus parfaite du monde (qui dans ce cas ne m'insulterait pas) soit une personne parfaitement étriquée, et qui n'a donc pas à m'insulter rapport à l'usine à balais dans son fondement, voyez vous.



Oui je suis "différente" (olol, rappelez vous que je parle d'une différence vestimentaire et que j'ai pas genre la moitié du visage arrachée par un ours ou une difformité quelconque, si c'est pas malheureux de devoir réclamer le droit à porter des habits, bordel de foutre) mais je n'embête personne.
Je n'atteinte aux droits de personne.
Je ne choque personne. A part peut-être les témoins de Jehova en bas de ma rue, mais, bon, who cares?
(si vous êtes choqués par des cheveux votre vie est nulle.)
(je vous montrerai bien mes poils de chatte pour vous donner une raison de vous offusquer mais j'en ai plus.)
(ça y est, vous avez une raison de pleurnicher.)
(soyez heureux.)

Je pense sincèrement que la valeur d'une personne ne se rapporte pas aux vêtements qu'elle porte.
Sauf si tu fais de ta manière de t'habiller une façon d'être accepté par le plus grand nombre en dépit de tes propres choix et de ta propre personnalité.
En ce sens tu es un mouton.

Et tu te fais du mal.
Tu fais du mal à la société.
Tu fais tourner le monde en rond.

Explore, expérimente, trouve des choses nouvelles plutôt de que de te conformer aux attentes des gens qui ne t'aiment pas.



J'ai une soeur.
Une petite soeur.
Je ne l'aime pas plus qu'elle ne m'aime. Honnêtement. C'est horrible à dire, mais son existence m'indiffère. Quand à elle, elle me déteste. Elle passe son temps à me dire que je suis moche.
Mais je suis quand même triste pour elle.
Depuis qu'elle est petite, son père (qui n'est pas le Père, mon géniteur personnel) lui a inculqué que être différent c'était mal. et elle fait tout pour rentrer dans le moule. Boire, se faire tripoter par des jeunes bien plus vieux qu'elle (mais qui restent des jeunes pour moi) (vieille femme que je suis) (regarde mes cheveux blanc... hurm.), dépenser des centaines d'euros en habits de marque qu'elle ne mettra plus jamais vu qu'elle est en pleine croissance.
Et avoir des amis qui ne sont des "amis" (ahah) que parce que elle est dans une certaine norme sociale. Si elle dépasse, elle sera toute seule.

...
Elle n'a pas de gouts propre, aucun artiste qu'elle aime, aucune musique à laquelle elle s'attache...
Elle n'a aucune passion, aucune activité, pas de film préféré. Pas de livre qui lui tienne à coeur. pâs de héro, pas d'exemple, à part des artistes éphémères qui ne seront pas là dans un mois.

Moi qui ait tenu mon adolescence grâce à Peter Jackson et Brian Molko (merci) je ne comprends même pas.
Combien d'ado n'ont à ce point rien à quoi se rattacher que des modes volatiles?
Des personnalités forgées par les médias de masse. Des gens qui, une fois dans la vie, n'auront aucun guide, et qui seront agressif envers mes amis et moi, parce que, leur norme, leur normalité de pacotille forgée sur le vide des grandes industries et la peur du rejet, on s'en fiche.
Et que pour eux, voir la vacuité de leurs vies, l'inexistence du bien fondé de leurs certitudes, balayées d'un revers de main par notre simple présence sur leur chemin, c'est intolérable.

A côté de ces gens, nous brillons comme des soleils.




Se mettre à l'écart de cette société n'est pas une option.
Je ne prétends pas aimer ma société, ni essayer de la faire progresser.
Mais si je ne fais rien, si je me mens, que je me cache, si je fais semblant d'être autre chose que moi-même, alors je me condamne.
Est-ce que j'en ai envie?
Est-ce que j'ai envie de rester dans l'immobilité crasse que l'on me propose?
Non.

Est-ce que j'ai envie de me soumettre?
De baisser la tête lorsque que l'on m'insulte.

Non.
Je suis La Queen of Bones, du royaume de Bones Land, forgé dans ma tête et devenu réel dans mon univers. Héritière des Vikings, de leurs traditions et de leurs cultes.
Je mène ma vie avec fidélité et honneur.
Et je pisse sur ta norme moisie.




Tu ne m'imposeras rien.
Tu ne m'obligeras à rien.

Je serais encore et toujours moi, et je me montrerai telle que j'ai envie de me montrer. Si ça implique une mini jupe avec un pentacle, des piercing sur la face, trop de maquillage, des tatouages relativement visibles et les cheveux de trois couleurs différentes, soit.
Et si ça ennuie quelqu'un, tant pis.

Trouver un boulot?
Oui, je travaille pour moi pour le moment. Je fais ce que je veux.
Avoir un gosse plus tard?
Que je sache, les cheveux bleus ne sont pas génétiques, je pense qu'il naîtra brun et sans piercings ni tatouages. Si le contraire se produit, je vendrai cher des échantillons de nos ADNs à la science.
(et s'il naît avec une petite salamandre en bas de la colonne je l'abandonne devant une église.)
(faut pas déconner.)
(un gros skull avec marqué "born to kill" ou rien, licorne junior. Un peu de dignité.)

Je peux m'en tirer relativement bien dans la vie même en ayant la tronche que j'ai.
Et ma tronche me sied particulièrement.

Autre chose.
Les gens qui choisissent (par choix délibéré, conscient, et par réel amour pour ce genre de mode) d'être du côté maintream de la force (comme un Poussin de mes amis) ont toute mon affection.
Mais pas exemple, les petites gothiques qui ne sont gothiques que pour plaire à leur chéri qui lui est à fond new rock leather stripes bagdes Marduk headbang pogo hurlement primitif... Et qui écoutent en cachette Miley Cirus:
Stop dessuite, ça vous rendra pas heureuses d'être underground si profondément dedans vous vous ne l'êtes pas.

Prostituer son amour propre pour l'amour des autres ne rends personne heureux.
Au mieux ça rendra triste, au pire, ça vous tuera de chagrin, et l'entre deux n'est pas plus profitable.


En définitive:
Je n'ai pas à changer.
C'est la société qui doit changer.

La société et sa vision réductrice, robotique et uniforme de l'individu.
Chercher la sécurité dans ses semblables, c'est bien.
Nier le droit de ses semblables à l'individualité, c'est pas bien.

Et à toutes les personnes qui étaient (hurm) gothiques en étant plus jeunes et qui se sont "rangées" parce que "gaminboulotmarimaisonschtroumpf" :
Vous n'avez jamais été gothiques.
Vous avez fait chier vos parents pendant plusieurs années par besoin de chercher une "tribu" différente, mais au final vous vous êtes rangés dans une conformisme plus confortable.
Ce qui n'est pas "mauvais".
Vous n'étiez pas fait pour ça. Et vous avez fait votre expérience de la différence.

Tâchez juste de vous en rappeler lorsque vous croiserez des gens comme moi qui sont embarqués dans la différence (olol derechef) pour toute la vie certainement.
Ou lorsque que vos propres enfants voudrons se démarquer.
Restez tolérants avec les autres, et avec les vôtres.
C'est comme ça qu'autre final, peut-être un jour, on arrêtera de se faire insulter dans la rue.




En attendant.
Je vais remettre mon bonnet à oreilles avec des spikes et mes chaussures plateformes à motif de flammes.
Et je vais aller vivre ma vie tranquillement de mon côté.
Parce que c'est comme ça.
Que je le peux.

Et que j'en suis heureuse.



lundi 18 novembre 2013

Je travaille dans un collège (et c'est ma joie.)


Bouyah.
Deux mois et quelques sans articles.
Yeah.
C'est parce que j'ai un nouveau taff, un projet photo qui me prend du temps...
Et surtout un nouveau taff, en fait...

Je.
Travaille.
Dans.
Un...
COLLEGE!

(stupeur et cotillons.)

Bon, en vérité ma réaction première quand j'ai trouvé ce boulot, ça a été plutôt de cet ordre:
Plus jamais de fast food de toute ma viiiiiiiiiiiie!!!
Wiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!
J'aime bien les gamins (assez pour ne pas les éventrer quand j'en croise), et j'ai bossé déjà avec des p'tits du 93 (riprisente!), alors autant dire qu'un boulot consistant à aller surveiller les gamins du bled de Pipou sur Cambrousse, tranquille.
J'étais un peu très contente.

Et ya de quoi:
20h par semaines, environs 600 euros (pour étalonnage, quand je bossais à Kique (fameuse enseigne belge de fast food), je gagnais entre 370 et 450 euros pour un peu plus de 15 par semaines.), plus ou moins nourrie gratos (ça coûtent pas cher) avec des repas équilibrés et préparés sur place, 3 jours de boulot dans la semaine, week ends de trois jours...
Et la majeure partie de mon boulot se passe à surveiller, et me promener dans la cours pour vérifier que les gosses ne se croient pas trop au cirque.

Mais le boulot d'Assistant d'Education (mon titre) (moins royal que Queen of Bones) (sublime déchéance) (surtout qu'en fait, ça veut juste dire "suveillant", quoi) c'est pas que se balader dans une cours, et courir après des gosses.
C'est tout un univers, parfois très compliqué, souvent très humain, fatiguant, et qui demande beaucoup de recul.

Bien.
'Splication!

L'entretient d'embauche.

J'avais pas vraiment été préparée à ça, en fait.
Mes premiers entretiens d'embauches se sont passés avec mon futur employeur qui me décortiquait des pieds à la tête pour juger si le combo oreilles percées/cheveux était pas trop effrayant pour ses clients.
Bonne ambiance.

Là, je me suis retrouvée en face des deux CPE (le chef des surveillants, en gros, la personne qui régit toute la vie scolaire et qui fait le lien avec les profs) qui m'ont dit qui, bien, très bien, je suis grande, ça impressionnera les gamins, ensuite, ok, très bien, j'ai fait des colonies de vacance, c'est cool, et sinon, vous faites des études? Très bien, on vous aménagera vos horaires. A bientôt mon petit.

(A ce point du récit, j'ai des déclaration d'amour à faire.
1 - Vorace. Merci. Merci d'avoir passé mon CV mec, t'es le plus gentil des gloutons que je connaisse.
2 - Madame ma CPE, je t'aime fort, tu es le meilleur boss possible. J'aime travailler pour toi. )

En gros, dans mon entretient d'embauche, on m'a jugé sur mes CAPACITES.
Pas sur ma tête.

Faith in humanity, partially restored. Fine.


L'équipe :


Dans mon collège (qui est un collège de ZEP, c'est à dire Zone d'Education Prioritaire, un de ces petits surnoms que l'éducation nationale aime bien saupoudrer tout partout pour se donner des allures intellectuelles sous des dehors de hipster poussiéreux) (une ZEP c'est un collège dans une banlieue qui craint. Là c'est une ZEP de la campagne... hardcore.) donc, dans mon collège, il y a environs 11 surveillants, les coupaings et moi même, et deux Assistants pédagogiques, qui eux font faire leurs devoirs aux gamins et les aident à progresser dans les matières où ils ont du mal.
(Bonne chance à eux.)
(J'irai leur poser une gerbe en Novembre prochain.)

Au dessus de ça, il y a la super chef, donc, notre CPE principale, et l'autre CPE qui n'est là que 2 jours par semaines. Mais tant mieux qu'elle soit là, même deux jours par semaine sinon notre première CPE aurait fait une rupture d'anévrisme devant tout le boulot qu'elle a.
Ou elle se serait ouvert les veines avec du papier à lettres à en tête "Pipou sur Cambrousse".
Ce qui n'est pas Swag.

De l'autre côté, il y a les profs.
Et je dis bien de l'autre côté, parce que un bon 90% des profs ne savent ni comment on s'appelle, ni ne communiquent avec nous.
Ils en ont rien à taper, nous ne sommes pas détenteurs du sacro saint savoir. (Je me suis même fait grincer des dents dessus parce que je monte un atelier pédagogique pour apprendre aux gamins à faire du dessin animé.)
Mais tout les profs ne sont pas comme ça. J'ai des potes profs, et y'en a avec qui on discute bien

Au dessus de tout ça, il y a la Principale adjointe.
Dit aussi: Le Dragon.
L'hydre de Lerne.
La terreur des Jeunes de Pipou sur Cambrousse.

... Bon, en fait, elle est super gentille.
Mais avec les gamins, elle a ce genre de regard, vous savez...


Voila.
Celui qui les fait pleurer.

Et par dessus ça, il y a le Principal.
Degrés d'effreyance: Zéro.
Il est gentil. Moi j'l'aime bien.

Bref, plein de gens pour plein d'élèves. Parce qu'à Pipou sur Cambrousse, ya toutes les cambrousses du coin, genre, Radis sur Troupaumé, Pécore des Prés, et Chateau Moussu, qui envoient leurs têtes blondes.
Du coup, paff, 700 élèves.

D'un coup, comme ça, taktak.

L'emploi du temps:

 Bon, alors c'est facile, soit on travaille du matin, soit d'après midi, ce qui inclut trois études, une récré, et le temps du midi où tout le monde doit être présent, pour pouvoir occuper tout les postes.
Donc ceux du soir arrivent vers 11h, ceux du matin finissent à 14h.
Sauf le puni, celui qui fait 3/4 temps, et qui fait une journée de bureau, à courir derrière les absences des gamins.
Nécessité : nerfs d'acier et concentration de moine shaolin.

C'est important d'avoir le maximum de gens le midi pour éviter que les mômes ne fassent trop n'importe quoi.
Jeu auquel ils sont TRES forts.

Moi, en général, je commence l'après midi.
A 11h de l'après midi.
(en général, c'est la fin de ma nuit, je souffre.)
Le seul truc chiant de ce boulot c'est qu'il est à 1h et demi de route de chez moi. Le matin j'ai toujours un moment de découragement. Mais bon, après je me souviens que je ne vais PAS bosser au Domac, et alors, joie sur mon coeur.

Du le matin, prise de poste, je vais remplacer mon/ma collègue en étude pour qu'il/elle aille manger parce qu'il/elle a l'estomac dans les talons depuis 7h du mat en général.

Du coup, premier temps d'étude.

L'Etude...
Au début on pense que ça va être l'enfer mais après trois semaines on arrive même à bosser pendant les études.

Dans la grande salle d'étude, il y a 50 gamins.
Qu'il faut gérer, empêcher de bavarder parce qu'à 50 c'est pas possible, à qui il faut dire de se retourner toutes les 4 secondes parce qu'il ont la mémoire à court terme d'un poisson rouge sous THC...


Même Loki ne saurait bosser dans cette ambiance...
Mais moi oui.
Take that, sassy bitch.

Non, sérieusement, les gamins ne savent pas ne pas se retourner pour aller marquer un mot à base de Kiss Lol Swag dans l'agenda du copain de derrière.
C'est nul à dire, mais l'étude c'est un lieu où les gamins qui ont, genre, une heure de route pour rentrer chez eux le soir, peuvent bosser tranquillou, et pour garantir à tout le monde un temps de travail le plus calme possible, on est obligé d'être méchants.

Même les plus gentils d’entre eux n'ont absolument pas la notion d'autorité, et de respect.
Au début de l'année, quand la nouvelle équipe avec moi dedans est arrivée, ils nous tutoyaient et nous prenaient pour leurs grands copains avant d'aller fumer dans les toilettes.
Jusqu'à ce qu'on leur dise que, ahahah, non mais il est hors de question que tu allumes ta clope ici, mon petit, tu as 12 ans, rends moi ça, file moi ton carnet, heure de colle, zoupla, vous ne passez pas par la case "observation" vous ne gagnez pas les 2000 euros.

Non mais ho.

Il y a des trucs auquel il faut se faire quand on est surveillant, c'est que les gamins:
1) nous prennent pour des flics.
2) vont tester absolument TOUT ce qu'ils peuvent pour transgresser les règles.
3) si on est trop gentil, on a aucune autorité, et on se suicide parce que 700 gamins se foutent de notre pomme.

Perso, ça va, les gamins, non seulement, je suis pas particulièrement gentille et permissive, mais en plus avec l'uniforme: vètements noirs/grand manteau/cheveux rouges et rasés/ pas de sourire sur mon visage de sale gothique de merde, et bien, ils ont peur de moi.
Ce qui me va parfaitement.


Mais quand ils viennent me parler, en général ils m'aiment bien.
Du coup, ironie, je suis la surveillante la plus salope du collège, et je me suis récemment faite traiter de "surveillante la plus sympa".
J'ai ricané.

Bon, sérieusement, j'aime bien les gamins, mais des fois ils me consternent.
Mais ce n'est pas encore le propos.

Après l'étude, il y a :

La Cour.

Telle la cour des miracles, ce lieu où batifolent ces petits chéris est le lieu de tout les possibles.

Ils jouent à "trappe-trappe", se font des bisous, se rencontrent, se disputent, se réconcilient...
...
Fument dans les toilettes, essaient de se tripoter en cachette, se tabassent, tout ça tout ça.

Sans rire, ils passent leur temps à essayer de se taper dessus.
Mais genre, violent hein, à coup de pied-bouche, balayette, manchette, tartiflette, quoi.
Stupides.

On fait remplir des rapports d'incidents, comme chez les flics, quand y'en a qui se tapent dessus. Ouaih, comme les flics, ouaih.
Pour qu'ils se rendent un peu compte de leur bêtise à essayer de se casser mutuellement des dents toutes les cinq secondes parce que Jean-Eudes a traité la mère de Kevin-Rachid. (Et inversement.)
Ou parce que Claire-Fatima a pas voulu manger le dessert que Samantha lui a gentiment renversé dans la gueule "pour rire". "Ben ouaih c'est drôle, on est des coupines, madame."


The amount of your stupidity amases me.

 Et les rapports d'incident c'est aussi pour voir ceux qui ont tendance à taper, et à se faire taper.
Histoire de pas laisser trop les agresseur tabasser les gamins qui rentrent moins dans le rang.

Mais ils se tapent vraiment dessus tout le temps, à s'en ramasser la tête sur le béton.
Et nous, faut savoir qu'on ne peut pas les toucher.
Parce que procès, parents, pédophilie, blablablah. (Ce qui nous retient aussi de leur arracher la tête avec un bon high kick inversé dans leurs mâchoires de petit cons quand ils nous annoncent fièrement qu'ils se sont dépucelés à leur soirée trop arrosée chez Kevina-Rachida le week end dernier et qu'ils ont 13 ans et trois quart, presque quatorze, c'est comme si j'étais adulte, madame.)
Donc quand ils se tapent dessus dans la joie il faut user de toute notre autorité pour les faire bouger chez la CPE, où ils se prendront le savon de leur vie.

Screugneugneu.

Mais dans la cours, il y a aussi les couples qui se forment.
Joie.
Amour.
Paillettes.
Salives échangées à travers les appareils dentaires.

La même mais avec des jeans Diesel et de la bave.
Il faut savoir que la période de rut chez le collégien va de septembre à juin.
Du coup, dans la cour, c'est un peu amour gloire et beauté pour les surveillants.

Extrait choisi:
"-Ah tiens, Bob-Mouloud a une nouvelle nana.
-Oui, dis donc. Il sortait pas avec Sandy-Brenda?
-Ah nan, ça fait longtemps, au moins une semaine, il l'a largué pour se mettre avec Marie-Brittany.
-Oh, dur. C'est pour ça qu'elle pleurait sur l'épaule de Bob-Clarence, l'autre jour?
-Oui, mais aucune chance, il sort avec Myriam-Brigitte, et depuis deux jours c'est la meilleure amie de Marguerite-Stacy, la nouvelle copine de Bob-mouloud.
-Dommage.
-Ouaip."
(Quoi? On passe trois heures par jour à regarder des petit marcassins batifoler dans un espace clos, faut bien se distraire.)
(Oui, les marcassins c'est mignon, mais ça a un potentiel de destruction hors du commun. Du coup c'est approprié.)

Du coup on se marre bien.
Sauf quand ya des tentatives d'accouplement sauvage dans des lieux interdits.
(Genre, ya vraiment des lieux interdits, parce que 4 surveillants pour surveiller 700 schtroumpfs, bon courage. Du coup, genre, derrière les bâtiments au fond du bout du monde de la cour, non, ils n'y vont pas.)
Ils ont même élu un coin, près du gymnase, lieu officiel de roulage de pelle et frottage indécent.
Entre deux et quatre couples toutes les récrés qui se récurent les amygdales sous les air horrifiés des petits sixièmes qui doivent penser que le rituel pré-copulatoire s'apparente à de la spéléologie, et qu'ils n'ont aucune envie d'investir dans le matos, parce que la glotte béante devant eux leur donne envie de gerber.
Comme je les comprends.

Dans la cour, il y a aussi les pots de colle.
Les gamins qui sont tombés "amoureux" d'un surveillant et qui le suivent tel un banc de bébés canards.
Ou un troupeau de saumons, je ne sais.
Moi, j'en ai peu. Mais ça commence.
Les pots de colle ils te suivent partout et te racontent les feu de l'amour en épisodes condensés et incohérents, tout le temps, et te demandant si toi, tu penses que Kevina devrait pas mettre autre chose qu'un pull corail avec un legging vert.



(Pitié, laissez moi faire mes tour de cour tranquille, et aller emmerder Bob-Mouloud dans la joie d'une routine pépère qui m'exaspère autant qu'elle me réjouit.)
(C'est comme ça, moi j'aime bien aller faire chier Bob-Mouloud. Il avait qu'à pas dire qu'il "lui avait débridé le moteur à cette sale pute" en parlant d'une gamine de 4ème.)
(Ni menacer les petits pour aller fumer dans les toilettes, ou me prendre pour un jambon.)
(Grossière erreur. Maintenant il me hait, et moi je me marre bien.)
Et encore, s'il n'y avait que Bob-Mouloud...

Apparté:
Non, aucun élève ne s'appelle Bob-Mouloud ou encore Jean-Eudes.
Mais comme on a environs 50 Théo, 40 Matthéo, 12 Kyllian, 25 Léo, et autant de Léa... Bon... Bob-Mouloud... Voila quoi...
On a aussi des prénoms plus ésotériques, genre Merlin.
Mais envisageant sérieusement d’appeler mon premier né Loki, je ne dis rien sur l'originalité.
Par contre, j'aimerai bien voir le regard d'angoisse qui prends notre Ulysse à chaque cours en ce moment, vu qu'ils sont en train d'étudier la guerre de Troie.
:D
Hurkhurkhurk.
Fin de l'apparté.

Bref, pendant la cour, en général, je leur ouvre aussi la porte de l'étude, où ils rangent leurs sacs quand ils vont à la cantine. Histoire qu'aucun débile ne saute dedans.
Et donc, je passe mon temps à tenir la porte et à me fouler mon royal poignet parce qu'ils ont "oublié" leur carnet pour aller au foyer, ou qu'ils doivent "aller chercher un truc dans leur sac".
...
Genre un bonbon ou un portable. Ce qui est interdit.
(ouaih, les bonbons sont interdits. Déjà parce que 1 : ils ne finissent pas leurs assiettes, jamais, et c'est de la bonne bouffe, donc, ils vont pas se remplir avec du sucre.
2: la cour est déjà pleine de papier alors que c'est interdit, alors je te laisse imaginer le carnage autrement.
3: ya un certain nombre de gamins en "surpoids" (genre, gros), et on est pas là pour encourager l'obésité morbide de gamins de 11 à 14 ans.)
Et on se fait traiter de bourreaux d'enfants, et on ricane.

"-Vazy c'est la taule ici!"


Un collégien ordinaire.
(vue d'artiste.)
Bref, après avoir tenu la porte et regardé les feu de l'amour entre deux bastons, je vais manger.

Une demi heure de repos à parler des gamins avant de retourner s'occuper des gamins...
Heureusement que mes collègues sont sympas.
Une équipe entière avec qui tu peux te biturer (CPE comprit) c'est relativement rare.
J'aime mes collègues adorés, et je ne les échange avec personne.

C'est marrant d'ailleurs, parce que rare exceptions, y'a que des goths, des punks, et des rockers, dans cette vie scolaire.
Ce qui fait que quand les gamins nous balancent des "NAN MAIS VOUS AVEZ JAMAIS ETE JEUNE? VOUS SAVEZ PAS CE QUE C'EST QUE SE REBELLER ET LA LIBERTE!!"
(Jusqu'à la gamine qui va se graver (au compas et pas profond) le symbole de l'Anarchie dans la peau du bras, et porte les manches relevées pour qu'on voit à quel point c'est trop une rebelle de l'enfer.)




Nota Bene: je ne soutient en aucun cas l'acte de scarification, mais là il s'agit de se griffouiller le dessus de l'épiderme pour passer pour un badass. Certes, c'est dérangé, et alarmant, mais si on l'avait retrouvé avec des vraies cicatrices on l'aurait envoyé fissa chez le psy scolaire, on est pas complètement cons.

Bref.
Après une pitite clope de la fraternité avec les collègues, on retourne au taff.

L'après midi: 


Et là, bah, c'est soit les études, soit l'aide secrétariat.
Donc, les études, on essaie de lire un livre, de dessiner, de réviser, de faire ses scénars en gardant un oeil sur 20 à 50 hooligans en culotte courte qui viennent parfois demander de l'aide pour leurs devoirs.

Et là je me dis que comment what the holy fucking shit se fait-il que ces gamins ne savent pas écrire ou parler correctement.
Bon, rendons leur justice, il y en a bien 40% qui peuvent comprendre un texte et écrire sans trop oublier la notion de conjugaison et de rythme de phrase (début = majuscule, fin = point) (ne riez pas, cette notion n'est pas toujours acquise.) (même en 3è.) (oui mdame.). Selon les classes. Rarement plus, souvent moins. Bref.

Mais par exemple, dans les fameux rapport d'incidents:
(morceaux choisis)
"Et alor il ma trété de tou un ta de gromos."
"Y ma donné un coude pier." (coup de pied. Ouaih.)
"j'été de haur." (dehors.) (oui.)


Et encore, le support internet vous épargne la graphie.
Mais je vous assure qu'on est souvent obligé de lire à haute voix pour comprendre.

J'ai quelques perles aussi.
En anglais:
"He eat avec a girl." ("Non mais je savais pas comment on dit avec. Alors je l'ai mis en français.") (classe de 4è)(je passe sur le manque de s à la troisième personne, on est bien au dessus de ça.)
Traduction de" La jeune fille a prit son sac."
= The young girl take your bag.
"-Mais, Jean-Bob, pourquoi "your"? "
"-Bah, c'est le possessif..."
"-Suis-je bête."

Entre ça, et une classe entière de 3ème qui me demande ce que veut dire le mot "décent", une gamine qui vient me demander (très sérieusement) si je peux confirmer à ses camarades que l'Irlande est un département Français ("Non, Kevina, pas à ma connaissance..."), des fois, les bras m'en tombent.

C'est pas comme si c'était des cas rares, là.
Genre, des fois, des classes entières ne bitent pas un mot de ce que je leur raconte.
Tristesse, rage et désespoir.


"-Madame ça veut dire quoi enfanter dans la douleur?"
"-Ca veut dire accoucher, enfanter."
"-Oui, mais la phrase, ça veut dire quoi?"
"-Accoucher dans la douleur, Edouard-Rachid."
"-Oui, mais, dans la douleur, ça veut dire quoi?"
Bref...
Les profs deviennent fous, les gamins ne savent pas qui est St Exupéry en sortant du collège, ni où se situe l'Angleterre sur une carte, mais tout va bien...
Et dire qu'on prenait ma génération pour une génération foutue...

Ensuite, l'aide bureau, ça consiste souvent à aller en courant d'un bout à l'autre du bâtiment, (qui est grand) avec des papiers à amener aux profs.
Où à essayer tant bien que mal de ramener en cours des gamins qui ont "mal à la tête, au bras, au coude, au petit doigt".
Les stratagèmes pour ne pas aller en cours sont super...

Et puis, les gamins qui n'ont pas de référents chez eux, et pour qui on est en quelque sorte leur référent de substitution.
Ceux là me fendent le coeur, mais on ne peut pas les laisser dans la vie scolaire. Parce qu'on est pas des éducateurs ni des parents, on est juste des étudiants qui n’avons pas les épaules pour ça. Pas du tout.

Il y a pas mal de misère humaine, et leur lots de gamins perdus.
Entre celui qui a perdu sa mère et qui vire à l'autisme tellement il se renferme, celui qui règle tout par la violence, etc, etc...

Le collège est un microcosme avec ses règles, ses lois, ses gangs...
Là bas, ce qui règne c'est la loi du style. Les fringues, les fringues, les marques, le "swag", les motifs à afficher absolument, les mini crêtes, les coiffures comme les chanteuses ou les footballeurs...
Et la dictature du style est féroce.
Même les 6èmes, s'ils veulent avoir la paix doivent céder (et faire céder dans des craquements d'agonie sinistres les portefeuilles des leurs parents.) et la cour est plein de mini-adultes trop sérieux qui parlent des fringues de leurs "idoles" de télé réalité.
Ils portent tous le YMCMB sans jamais avoir écouté de morceaux du collectif, et pensent que Denim est une marque de jean.
Ils ont tellement tous des eastpack noirs que tout les jours, au moins deux élèves vont pleurer à la vie scolaire parce que leur sacs ont été échangés et ou /perdus dans la masse des autres eastpacks noirs.
Les filles ont toutes la frange du même côté que c'en est effrayant.


D'accord, c'est rigolo de regarder des gamins pleurer parce qu'ils ont perdu leurs sacs qui se ressemblent tous, mais après tu te rends compte à quel point ils ont pas de personnalité, de goûts propres, qu'ils écoutent/regardent tous la même chose.
Le matin quand je prends le bus, j'ai des lycéennes à côté de moi qui vont au lycée d'à côté.
Ben les lycéennes, elles me font pas marrer quand elles se passent leurs écouteurs à coup de "tiens, j'ai téléchargé cette musique" "qu'est-ce que c'est?" "je sais pas, mais c'est bien, c'était sur nrj, faut que je télécharge des musiques, ya plein de nouveaux trucs à la télé."
Ils ont PAS d'artistes préférés.
Je rigole pas.
Ils n'ont pas de groupes, ou de chanteurs qu'ils aiment.
Ils kiffent une chanson tout les quinze jours le temps que ça fasse le buzz et que ça disparaisse. Et après ils passent à autre chose, et quand on leur parle d'un album sortie ya six mois "oh c'est trop vieux ça madame, c'est même pas à la mode!!!"




Ils ont pas non plus envie de faire des boulots.
Ils veulent juste "gagner de la thune".
Je veux dire, oui c'est normal, moi aussi je veux gagner de la thune, mais là, quand même, ya de l'abus...
Ils ont pas de métiers idéaux, pas de rêves, pas envie de faire quoi que ce soit.
Parfois, je suis triste quand je les écoute.
Parce que je sais comment on en est arrivé là, et que je sais que le pourcentage qui est intéressé, brillant, ne survivra pas au diktat de la culture de masse qui les exclut et les traite comme des freacks.

Oui, j'aime mon boulot.
J'aime mon boulot parce que j'en ai chié.
J'aime mon boulot parce que je sais que je sers à quelque chose.
Mais parfois, j'ai peur. Si j'avais un souhait à faire, c'est que toutes les télés du monde se pètent, qu'on ai plus de youtube, de téléphones portables, de facebook et d'instagram, de télé réalité, et que ces gamins puissent ouvrir ni serait-ce qu'un livre qui leur fasse voir autre chose que leurs jeans, leurs guéguerres de style, et leurs "gangs" des bacs à sable et aspirent à plus grands, parce qu'ils en sont capables.

jeudi 1 août 2013

Beaucoup de bruit pour rien.

Tchouki tout le monde.

Du haut de mon stress post-concours (ahahahahah, je suis pas du tout nerveuse, ahahahahahah!!!!!), j'avais envie de faire un article.

L'idée c'était de faire un article sur l'homosexualité.
Voila, genre un papelard polémique avec des grands bout d’opinion rageuse dedans...
Le problème, c'est que, ma foi....

Je n'ai STRICTEMENT RIEN à raconter sur le sujet.
Je veux dire.
Mon avis sur la question de l'homosexualité se résume à "Oui, tu es homosexuel-le, c'est bien, passe moi la mayonnaise."
Je m'en tamponne le derrière dans les palétuviers, d'une force puissante.
Si des gens s'aiment et s'éclatent au plumard, ma foi, c'est très bien. Je veux dire, il y a des choses bien plus grave que de l'amour et de l'attirance. Genre, des trucs comme la guerre, la faim dans le monde, la crise du pétrole, la fonte des glaces...

A côté, quand deux personnes du même sexe se tiennent la main, je veux dire... Enfin... Je comprends pas... C'est grave?



A Bones-Land, on est relativement laxistes sur la question. Avec Mew on en a parlé, et nous avons décidé à l'unanimité que si un de nos mioches vient nous voir en se tordant les mains pour nous dire:
"-Pôpa, Môman, je crois que j'aime les (personnes du même sexe, insérez ici ce que vous voulez) (ce double sens est génial) (je veux dire.)"
La réaction sera la suivante:
"-C'est cool. Les consignes sont les mêmes que précédemment, protèges toi, regarde des deux côtés de la route avant de traverser, et lave toi les mains avant de passer à table. "

Non sérieux.
Une des personnes que j'admire le plus au monde (une personne de ma famille) est un monsieur qui aime les messieurs.  J'ai passé des moments trop cools avec lui, il vit avec son chéri depuis des années, et ils sont trop beaux.
Quand on parle de l'adoption non plus, je vois pas le soucis.
J'ai une cousine qui a deux mamans. Elle est équilibrée, a passé son bac avec mention, et a une brillante carrière qui l'attend. Et elle est plutôt à fond sur les garçons, d'après ce que j'en sais.

Bref.
L'homosexualité, pour moi, c'est à peu près aussi normal que toutes les autres choses de la nature.
C'est une attirance comme une autre.
Et mon opinion est la même sur, en vrac: la bisexualité, la transexualité, les travestis, etc, etc...
Je vois pas ce qui pourrait me gêner dans le fait que des personnes s'accomplissent à travers un chemin autre que le mien. Je cherche moi-même l'accomplissement personnel, si des gens le trouvent en faisant des choses qu'ils aiment, et en aimant d'autres personne: ainsi soit-il.


Weeeee!!!
Youpiiiiiii!!!!


Quand on a commencé à parler du mariage gay en France, et du projet de loi sur l'adoption par les couples homosexuels, ma réaction a été en deux temps:
"-Ah, enfin, la loi va être la même pour tout le monde!"
"-Chic, y'a des bébés qui vont trouver des parents!"

Oui, parce que dans "le pays de la liberté et des droits de l'homme", (olol!!!!), je trouvais pas que tout le monde naissait "libre et égaux en droits". Et que le premier article des droits de l'homme ne soit pas respecté, je trouvais ça vraaaaaaiment craignos.

Et puis, je sais que, même le le Père n'a pas vraiment eu vocation à être un parent quand j'étais bébé, il y a des couples d'hommes qui veulent des enfants plus que tout, parce que être parent, c'est très important. Transmettre, tout ça. Il y a des gens pour qui ça compte.
Pareil pour les couples de femmes, même si on fait moins chier les femmes sous prétexte que utérus = "envie folle de procréer!", ce qui n'est pas toujours vrai.

D'autant plus que, quand des homosexuels avaient des enfants, d'une manière où d'une autre, si le parent "officiel" mourrait, et que la famille de ce parent décidait que l'autre parent devait s'en aller, il n'avait pas le choix, et perdait son enfant. Ou si le parent décédé n'avait pas de famille, des petits devaient être séparé de son autre maman ou de son autre papa pour aller en foyer.
C'est pas un peu horrible?

Alors autant dire que des gamins allaient pouvoir être adoptés et avoir des maisons, et être en sécurité, je trouvais ça plutôt intelligents. Je râlais un peu moins contre le gouvernement qui m'avait supprimé ma bourse d'état.

Et puis, j'ai entendu parler du fameux truc de psychopathe catholiques, là:
(vous savez comme je porte les monothéistes dans mon coeur...)
"Un papa une maman". Et autre réfractaires.

Et là...

Qui sont ces affreux rabat-joie?
(Une belle bande de rabat-joises, ton Altesse)
(Private beaver joke, excusations.)
Et quels sont leurs arguments?

Après des recherches, ce sont en grande partis des bourgeois catholiques, conservateurs et religieux de tout poils, qui avancent des arguments élaborés comme:
-Dieu a créé l'homme et la femme pour qu'ils fassent des enfants, le reste est contre nature.
-C'est mauvais pour l'équilibre de l'enfant, d'avoir deux parents de même sexe.
-Et si on autorise ça, ça va faire des homosexuels de génération en génération! (wtf génétique?)
-Ca va permettre à des hommes de violer des enfants.
-Et si on autorise le mariage gay, après, tout sera permis, toutes les dérives!! La pédophilie et la zoophilie après ça!!!
-L'homosexualité, c'est un choix, de toute façon. C'est juste pour se démarquer, et foutre le bordel dans la société.

Ce à quoi j'ai répondu:



"Putain, trop drôle, c'est une vanne, c'est ça? Ahahah, trop fort, ces gens, meilleure blague de l'année... Attend, c'est du sérieux? Wtf?"

Et oui.
Ces gens sont sérieux.

Reprenons ces arguments pour voir ce qu'il y a comme blagues dedans:

-Dieu a créé l'homme et la femme pour qu'ils fassent des enfants, le reste est contre nature.

NIQUE DARWIN, NIQUE LE PROGRÈS, NIQUE LA SOCIETEEEEEEEE!!!
Bref.
Enfin, Dieu a posé l'homme et la femme sur Terre pour qu'ils niquent et se reproduisent.
Fort bien.
Je veux bien croire que, au delà de toute considération théologique, le but d'une espèce soit d'éparpiller ses brins d'ADN dans le monde.
Mais dans une société qui abrite 7 putain de milliards d'individus, on peut prète se calmer sur l'éparpillement génétique, non?
C'est quoi le problème? Que des femmes fassent l'amour en elles et que des hommes fassent l'amour entre eux?
Je sais bien que dans le monothéisme, chaque plaisir prit est un pêché, mais si vos vies sont pourries parce que vous avez choisit la voie de Dieu, c'est pas le problème d'un état laïque.
Vous n'avez pas à dicter vos choix à l'état. C'est triste mais c'est comme ça. Tac.

Dire que l'homosexualité n'est pas naturelle est aussi une hérésie.
(J'aime ce mot. Il sonne.)
Les animaux les plus intelligents pratiquent l'homosexualité. Dauphins, rats, grands singes.
Votre Dieu aurait créé des espèces homosexuelles?
Oh le filou.
Je serais vous, je m'adresserais direct au service des réclamations.

-C'est mauvais pour l'équilibre de l'enfant, d'avoir deux parents de même sexe.


Alors alors...
Qu'est-ce qui est le plus mauvais pour un enfant?
D'avoir deux parents aimants?

Ou d'avoir une mère qui élève seule son gosse (ses gosses?) parce que le père s'est tiré?
D'avoir des frères et soeur de pleins de pères différents, ou de plein de mère différents parce que papa est un coureur/maman est une aventurière?
D'être élevé avec 5 autres gosses parce que papa/maman profitent des allocs grâce à des gosses qu'ils ne prennent même pas la peine d'élever?
D'être battus quotidiennement parce que ils n'étaient pas vraiment désirés, mais que la religion interdit le préservatif?
D'avoir un père de 60 berges parce que maman a épousé un vieux riche pour se faire du blé? Que quand il aura vingt ans, son père en aura 80 et va mourir?
D'être à moitié gogol parce que maman s'est marié avec son cousin, et que, pas d'éparpillement génétique?

Mères célibataires, familles trop nombreuses, mariages avec une différence d'âge impossible, familles recomposées cinq ou six fois, enfants maltraités, laissés à l'abandon, mariages consanguins...

C'est bon pour un gamin?
C'est bon pour un gamin ce genre de situations?

Je vous jure sur la vie de ce que j'ai de plus cher que j'aurais mille fois préféré que ma maman se mette en couple avec une femme plutôt qu'elle se foute avec mon connard de beau père! J'aurais été mille fois plus heureuse. J'aurais même préférée qu'elle soit amoureuse d'une femme dès le départ plutôt que de tomber sur des hommes qui lui ont arraché le coeur avec des clous rouillés.

On trouve ça normal les familles recomposées, on a le droit de se marier avec les gens de sa famille (à la limite, l'amour ne se commande pas, mais moi, j'interdirais la procréation naturelle dans ce cas là... génétique, tout ça...), on a le droit de faire des gosses juste pour niquer le système des allocs, mais des couples qui veulent désespérément donner de l'amour et une famille à des gamins se le voient interdire POUR LEUR EQUILIBRE?

C'est juste débile.
Débile.



Je ne dis pas que les couples homosexuels restent ensemble toute leur vie.
Je ne dis pas qu'il n'y aura pas de famille recomposées...
Mais il y aura des enfants aimés.
Et ça... C'est le plus important.

-Et si on autorise ça, ça va faire des homosexuels de génération en génération! (wtf génétique?)et
-L'homosexualité, c'est un choix, de toute façon. C'est juste pour se démarquer, et foutre le bordel dans la société.

Alors.
Je met ces deux arguments en miroir pour une bonne raison.

Non, être homosexuel n'est pas plus un choix que d'avoir les yeux verts. C'est comme ça. Que ça soit génétique ou psychologique, ce n'est pas un choix.

Est-ce que les hétéros ont fait le choix d'être hétéro?
Vous, petit hétérosexuels sans problèmes, quand avez vous fait le choix d'être hétéros? Un jour vous vous êtes regardés dans le miroir, vous avez bien réfléchit, et vous vous êtes dit "ouaih, hétéro, ça me semble safe, comme choix. je vais faire ça."

Non, hein?
Ben voila.

C'est peut-être génétique.
Mais dans ce cas, ça me ramène au point suivant.
Si c'est génétique, ça ne se transmet pas de manière automatique, et il ne peut pas y avoir des homosexuels de génération en génération, vu que à la base, c'est bien un couple hétéro qui a donné naissance à un homosexuel.

Stupide.

(Et puis je vois pas comment des gens qui croient que Dieu a créé le monde en 6 jours se mêlent de génétique.)

Et dans le cas de parents homosexuels adoptant des enfants, si les gamins deviennent homosexuels aussi, ça veut dire que c'est psychologique et pas génétique, et donc, qu'on est homo par phénomène d'imitation de son entourage.
Sauf que non: vu que, à la base, c'est bien des parents hétéros qui ont donné naissance aux parents homosexuels.

Nique la logique, dans ce cas.
Aucun de ces arguments ne tient debout.

-Ca va permettre à des hommes de violer des enfants.
Pardon?
OO

Depuis quand "homosexualité" = "pédophilie"?

On parle de gens qui veulent se marier par amour et fonder une famille, là.
Pas de dangereux psychopathes qui cherchent à trouver des enfants pour les violer sauvagement.
Il y a eu des faits divers, mais bon, je me souviens aussi de l'autrichien qui avait enfermé sa fille dans sa cave pour la violer pendant quinze ans. Et il était pas particulièrement homo.

Il y a des tarés partout.
Mais si voulez mon avis, la frustration sexuelle est beaucoup plus dangereuse dans le rapport que les homains ont avec les êtres faibles que l'homosexualité.

Je ferais garder mon môme tranquillou par mon meilleur pote gay, alors que jamais je ne le confierai à la garde d'un prêtre.

Comment ça, on gueule parce que j'ai fais le rapprochement facile prètre = pédophile.

C'est quoi qui vous dérange?
Pour vous, tout les gays sont biens des violeurs d'enfants en série.
C'est facile de faire des rapprochements vaseux.

Et les gens qui avancent ces arguments devraient avoir honte.


-Et si on autorise le mariage gay, après, tout sera permis, toutes les dérives!! La pédophilie et la zoophilie après ça!!!

Je suis obligée de répondre?

Enfin, je veux dire.
Moi ce qui m'inquiète, c'est qu'on marie des gens qui se connaissent depuis trois semaines.
Pas qu'on autorise des gens qui s'aiment à se marier.

Le mariage pour tous a été instauré.
Et la seule chose qui va se passer....
C'est que....


Omgs le suspense!!!!
DES GENS VONT SE MARIER!

...
Terrifiant.

Vraiment.

Hurm...

Ensuite, y'a un truc qui me dérange.
Le fait que les gens disent:
"-Oui, ben la définition du dictionnaire sur le mariage, c'est "union entre un homme et une femme", alors il faut inventer un nouveau mot!! On a qu'à pas dire mariage! Marage c'est pour un homme et une femme!!"

Ahahah.
Le dictionnaire détient la vérité, hein?
Le fameux "argument dictionnaire"...

Déjà, moi, je me méfierai d'un truc qui s'est lui même introduit le mot "kiffer".
Académie française, je te chidssu.

Ensuite, vous voulez un exemple du "dictionnaire détient la vérité"?

Maintenant, quand on regarde dans le dico, à "hystérie", on voit la définition d'une pathologie mentale, et d'une injure passée dans le langage courant.
Il y a une cinquantaine d'année, si on regardait, on y voyait la définition d'une maladie touchant uniquement les femmes, et créé par un traumatisme sexuel, et/ou un manque d'enfant.

Voila.
La vérité est dans le dictionnaire.
La beauté de la langue française.
On ne peut pas appeler ça un mariage parce que c'est "une union entre un homme et une femme".

C'est ça.
Les langues ne bougent jamais, il n'y a pas de progrès, pas d'avancée, pas de changement du langage. D'ailleurs, on parle tous la même langue qu'à la création du monde.
C'est connu.

...

C'est en changeant les mots qu'on change les meurs.
Je suis pour le mariage pour tous.
Pour la liberté d'aimer.
Pour l'adoption des nombreux enfants sans parents.

Parce que c'est ce qui est juste.
Et que aucune idéologie arriérée ne pourra jamais entraver la marche du progrès.
Vous aurez beau freiner des quatre fers, le mouvement est inéluctable.
Et vous le savez.