lundi 18 novembre 2013

Je travaille dans un collège (et c'est ma joie.)


Bouyah.
Deux mois et quelques sans articles.
Yeah.
C'est parce que j'ai un nouveau taff, un projet photo qui me prend du temps...
Et surtout un nouveau taff, en fait...

Je.
Travaille.
Dans.
Un...
COLLEGE!

(stupeur et cotillons.)

Bon, en vérité ma réaction première quand j'ai trouvé ce boulot, ça a été plutôt de cet ordre:
Plus jamais de fast food de toute ma viiiiiiiiiiiie!!!
Wiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!
J'aime bien les gamins (assez pour ne pas les éventrer quand j'en croise), et j'ai bossé déjà avec des p'tits du 93 (riprisente!), alors autant dire qu'un boulot consistant à aller surveiller les gamins du bled de Pipou sur Cambrousse, tranquille.
J'étais un peu très contente.

Et ya de quoi:
20h par semaines, environs 600 euros (pour étalonnage, quand je bossais à Kique (fameuse enseigne belge de fast food), je gagnais entre 370 et 450 euros pour un peu plus de 15 par semaines.), plus ou moins nourrie gratos (ça coûtent pas cher) avec des repas équilibrés et préparés sur place, 3 jours de boulot dans la semaine, week ends de trois jours...
Et la majeure partie de mon boulot se passe à surveiller, et me promener dans la cours pour vérifier que les gosses ne se croient pas trop au cirque.

Mais le boulot d'Assistant d'Education (mon titre) (moins royal que Queen of Bones) (sublime déchéance) (surtout qu'en fait, ça veut juste dire "suveillant", quoi) c'est pas que se balader dans une cours, et courir après des gosses.
C'est tout un univers, parfois très compliqué, souvent très humain, fatiguant, et qui demande beaucoup de recul.

Bien.
'Splication!

L'entretient d'embauche.

J'avais pas vraiment été préparée à ça, en fait.
Mes premiers entretiens d'embauches se sont passés avec mon futur employeur qui me décortiquait des pieds à la tête pour juger si le combo oreilles percées/cheveux était pas trop effrayant pour ses clients.
Bonne ambiance.

Là, je me suis retrouvée en face des deux CPE (le chef des surveillants, en gros, la personne qui régit toute la vie scolaire et qui fait le lien avec les profs) qui m'ont dit qui, bien, très bien, je suis grande, ça impressionnera les gamins, ensuite, ok, très bien, j'ai fait des colonies de vacance, c'est cool, et sinon, vous faites des études? Très bien, on vous aménagera vos horaires. A bientôt mon petit.

(A ce point du récit, j'ai des déclaration d'amour à faire.
1 - Vorace. Merci. Merci d'avoir passé mon CV mec, t'es le plus gentil des gloutons que je connaisse.
2 - Madame ma CPE, je t'aime fort, tu es le meilleur boss possible. J'aime travailler pour toi. )

En gros, dans mon entretient d'embauche, on m'a jugé sur mes CAPACITES.
Pas sur ma tête.

Faith in humanity, partially restored. Fine.


L'équipe :


Dans mon collège (qui est un collège de ZEP, c'est à dire Zone d'Education Prioritaire, un de ces petits surnoms que l'éducation nationale aime bien saupoudrer tout partout pour se donner des allures intellectuelles sous des dehors de hipster poussiéreux) (une ZEP c'est un collège dans une banlieue qui craint. Là c'est une ZEP de la campagne... hardcore.) donc, dans mon collège, il y a environs 11 surveillants, les coupaings et moi même, et deux Assistants pédagogiques, qui eux font faire leurs devoirs aux gamins et les aident à progresser dans les matières où ils ont du mal.
(Bonne chance à eux.)
(J'irai leur poser une gerbe en Novembre prochain.)

Au dessus de ça, il y a la super chef, donc, notre CPE principale, et l'autre CPE qui n'est là que 2 jours par semaines. Mais tant mieux qu'elle soit là, même deux jours par semaine sinon notre première CPE aurait fait une rupture d'anévrisme devant tout le boulot qu'elle a.
Ou elle se serait ouvert les veines avec du papier à lettres à en tête "Pipou sur Cambrousse".
Ce qui n'est pas Swag.

De l'autre côté, il y a les profs.
Et je dis bien de l'autre côté, parce que un bon 90% des profs ne savent ni comment on s'appelle, ni ne communiquent avec nous.
Ils en ont rien à taper, nous ne sommes pas détenteurs du sacro saint savoir. (Je me suis même fait grincer des dents dessus parce que je monte un atelier pédagogique pour apprendre aux gamins à faire du dessin animé.)
Mais tout les profs ne sont pas comme ça. J'ai des potes profs, et y'en a avec qui on discute bien

Au dessus de tout ça, il y a la Principale adjointe.
Dit aussi: Le Dragon.
L'hydre de Lerne.
La terreur des Jeunes de Pipou sur Cambrousse.

... Bon, en fait, elle est super gentille.
Mais avec les gamins, elle a ce genre de regard, vous savez...


Voila.
Celui qui les fait pleurer.

Et par dessus ça, il y a le Principal.
Degrés d'effreyance: Zéro.
Il est gentil. Moi j'l'aime bien.

Bref, plein de gens pour plein d'élèves. Parce qu'à Pipou sur Cambrousse, ya toutes les cambrousses du coin, genre, Radis sur Troupaumé, Pécore des Prés, et Chateau Moussu, qui envoient leurs têtes blondes.
Du coup, paff, 700 élèves.

D'un coup, comme ça, taktak.

L'emploi du temps:

 Bon, alors c'est facile, soit on travaille du matin, soit d'après midi, ce qui inclut trois études, une récré, et le temps du midi où tout le monde doit être présent, pour pouvoir occuper tout les postes.
Donc ceux du soir arrivent vers 11h, ceux du matin finissent à 14h.
Sauf le puni, celui qui fait 3/4 temps, et qui fait une journée de bureau, à courir derrière les absences des gamins.
Nécessité : nerfs d'acier et concentration de moine shaolin.

C'est important d'avoir le maximum de gens le midi pour éviter que les mômes ne fassent trop n'importe quoi.
Jeu auquel ils sont TRES forts.

Moi, en général, je commence l'après midi.
A 11h de l'après midi.
(en général, c'est la fin de ma nuit, je souffre.)
Le seul truc chiant de ce boulot c'est qu'il est à 1h et demi de route de chez moi. Le matin j'ai toujours un moment de découragement. Mais bon, après je me souviens que je ne vais PAS bosser au Domac, et alors, joie sur mon coeur.

Du le matin, prise de poste, je vais remplacer mon/ma collègue en étude pour qu'il/elle aille manger parce qu'il/elle a l'estomac dans les talons depuis 7h du mat en général.

Du coup, premier temps d'étude.

L'Etude...
Au début on pense que ça va être l'enfer mais après trois semaines on arrive même à bosser pendant les études.

Dans la grande salle d'étude, il y a 50 gamins.
Qu'il faut gérer, empêcher de bavarder parce qu'à 50 c'est pas possible, à qui il faut dire de se retourner toutes les 4 secondes parce qu'il ont la mémoire à court terme d'un poisson rouge sous THC...


Même Loki ne saurait bosser dans cette ambiance...
Mais moi oui.
Take that, sassy bitch.

Non, sérieusement, les gamins ne savent pas ne pas se retourner pour aller marquer un mot à base de Kiss Lol Swag dans l'agenda du copain de derrière.
C'est nul à dire, mais l'étude c'est un lieu où les gamins qui ont, genre, une heure de route pour rentrer chez eux le soir, peuvent bosser tranquillou, et pour garantir à tout le monde un temps de travail le plus calme possible, on est obligé d'être méchants.

Même les plus gentils d’entre eux n'ont absolument pas la notion d'autorité, et de respect.
Au début de l'année, quand la nouvelle équipe avec moi dedans est arrivée, ils nous tutoyaient et nous prenaient pour leurs grands copains avant d'aller fumer dans les toilettes.
Jusqu'à ce qu'on leur dise que, ahahah, non mais il est hors de question que tu allumes ta clope ici, mon petit, tu as 12 ans, rends moi ça, file moi ton carnet, heure de colle, zoupla, vous ne passez pas par la case "observation" vous ne gagnez pas les 2000 euros.

Non mais ho.

Il y a des trucs auquel il faut se faire quand on est surveillant, c'est que les gamins:
1) nous prennent pour des flics.
2) vont tester absolument TOUT ce qu'ils peuvent pour transgresser les règles.
3) si on est trop gentil, on a aucune autorité, et on se suicide parce que 700 gamins se foutent de notre pomme.

Perso, ça va, les gamins, non seulement, je suis pas particulièrement gentille et permissive, mais en plus avec l'uniforme: vètements noirs/grand manteau/cheveux rouges et rasés/ pas de sourire sur mon visage de sale gothique de merde, et bien, ils ont peur de moi.
Ce qui me va parfaitement.


Mais quand ils viennent me parler, en général ils m'aiment bien.
Du coup, ironie, je suis la surveillante la plus salope du collège, et je me suis récemment faite traiter de "surveillante la plus sympa".
J'ai ricané.

Bon, sérieusement, j'aime bien les gamins, mais des fois ils me consternent.
Mais ce n'est pas encore le propos.

Après l'étude, il y a :

La Cour.

Telle la cour des miracles, ce lieu où batifolent ces petits chéris est le lieu de tout les possibles.

Ils jouent à "trappe-trappe", se font des bisous, se rencontrent, se disputent, se réconcilient...
...
Fument dans les toilettes, essaient de se tripoter en cachette, se tabassent, tout ça tout ça.

Sans rire, ils passent leur temps à essayer de se taper dessus.
Mais genre, violent hein, à coup de pied-bouche, balayette, manchette, tartiflette, quoi.
Stupides.

On fait remplir des rapports d'incidents, comme chez les flics, quand y'en a qui se tapent dessus. Ouaih, comme les flics, ouaih.
Pour qu'ils se rendent un peu compte de leur bêtise à essayer de se casser mutuellement des dents toutes les cinq secondes parce que Jean-Eudes a traité la mère de Kevin-Rachid. (Et inversement.)
Ou parce que Claire-Fatima a pas voulu manger le dessert que Samantha lui a gentiment renversé dans la gueule "pour rire". "Ben ouaih c'est drôle, on est des coupines, madame."


The amount of your stupidity amases me.

 Et les rapports d'incident c'est aussi pour voir ceux qui ont tendance à taper, et à se faire taper.
Histoire de pas laisser trop les agresseur tabasser les gamins qui rentrent moins dans le rang.

Mais ils se tapent vraiment dessus tout le temps, à s'en ramasser la tête sur le béton.
Et nous, faut savoir qu'on ne peut pas les toucher.
Parce que procès, parents, pédophilie, blablablah. (Ce qui nous retient aussi de leur arracher la tête avec un bon high kick inversé dans leurs mâchoires de petit cons quand ils nous annoncent fièrement qu'ils se sont dépucelés à leur soirée trop arrosée chez Kevina-Rachida le week end dernier et qu'ils ont 13 ans et trois quart, presque quatorze, c'est comme si j'étais adulte, madame.)
Donc quand ils se tapent dessus dans la joie il faut user de toute notre autorité pour les faire bouger chez la CPE, où ils se prendront le savon de leur vie.

Screugneugneu.

Mais dans la cours, il y a aussi les couples qui se forment.
Joie.
Amour.
Paillettes.
Salives échangées à travers les appareils dentaires.

La même mais avec des jeans Diesel et de la bave.
Il faut savoir que la période de rut chez le collégien va de septembre à juin.
Du coup, dans la cour, c'est un peu amour gloire et beauté pour les surveillants.

Extrait choisi:
"-Ah tiens, Bob-Mouloud a une nouvelle nana.
-Oui, dis donc. Il sortait pas avec Sandy-Brenda?
-Ah nan, ça fait longtemps, au moins une semaine, il l'a largué pour se mettre avec Marie-Brittany.
-Oh, dur. C'est pour ça qu'elle pleurait sur l'épaule de Bob-Clarence, l'autre jour?
-Oui, mais aucune chance, il sort avec Myriam-Brigitte, et depuis deux jours c'est la meilleure amie de Marguerite-Stacy, la nouvelle copine de Bob-mouloud.
-Dommage.
-Ouaip."
(Quoi? On passe trois heures par jour à regarder des petit marcassins batifoler dans un espace clos, faut bien se distraire.)
(Oui, les marcassins c'est mignon, mais ça a un potentiel de destruction hors du commun. Du coup c'est approprié.)

Du coup on se marre bien.
Sauf quand ya des tentatives d'accouplement sauvage dans des lieux interdits.
(Genre, ya vraiment des lieux interdits, parce que 4 surveillants pour surveiller 700 schtroumpfs, bon courage. Du coup, genre, derrière les bâtiments au fond du bout du monde de la cour, non, ils n'y vont pas.)
Ils ont même élu un coin, près du gymnase, lieu officiel de roulage de pelle et frottage indécent.
Entre deux et quatre couples toutes les récrés qui se récurent les amygdales sous les air horrifiés des petits sixièmes qui doivent penser que le rituel pré-copulatoire s'apparente à de la spéléologie, et qu'ils n'ont aucune envie d'investir dans le matos, parce que la glotte béante devant eux leur donne envie de gerber.
Comme je les comprends.

Dans la cour, il y a aussi les pots de colle.
Les gamins qui sont tombés "amoureux" d'un surveillant et qui le suivent tel un banc de bébés canards.
Ou un troupeau de saumons, je ne sais.
Moi, j'en ai peu. Mais ça commence.
Les pots de colle ils te suivent partout et te racontent les feu de l'amour en épisodes condensés et incohérents, tout le temps, et te demandant si toi, tu penses que Kevina devrait pas mettre autre chose qu'un pull corail avec un legging vert.



(Pitié, laissez moi faire mes tour de cour tranquille, et aller emmerder Bob-Mouloud dans la joie d'une routine pépère qui m'exaspère autant qu'elle me réjouit.)
(C'est comme ça, moi j'aime bien aller faire chier Bob-Mouloud. Il avait qu'à pas dire qu'il "lui avait débridé le moteur à cette sale pute" en parlant d'une gamine de 4ème.)
(Ni menacer les petits pour aller fumer dans les toilettes, ou me prendre pour un jambon.)
(Grossière erreur. Maintenant il me hait, et moi je me marre bien.)
Et encore, s'il n'y avait que Bob-Mouloud...

Apparté:
Non, aucun élève ne s'appelle Bob-Mouloud ou encore Jean-Eudes.
Mais comme on a environs 50 Théo, 40 Matthéo, 12 Kyllian, 25 Léo, et autant de Léa... Bon... Bob-Mouloud... Voila quoi...
On a aussi des prénoms plus ésotériques, genre Merlin.
Mais envisageant sérieusement d’appeler mon premier né Loki, je ne dis rien sur l'originalité.
Par contre, j'aimerai bien voir le regard d'angoisse qui prends notre Ulysse à chaque cours en ce moment, vu qu'ils sont en train d'étudier la guerre de Troie.
:D
Hurkhurkhurk.
Fin de l'apparté.

Bref, pendant la cour, en général, je leur ouvre aussi la porte de l'étude, où ils rangent leurs sacs quand ils vont à la cantine. Histoire qu'aucun débile ne saute dedans.
Et donc, je passe mon temps à tenir la porte et à me fouler mon royal poignet parce qu'ils ont "oublié" leur carnet pour aller au foyer, ou qu'ils doivent "aller chercher un truc dans leur sac".
...
Genre un bonbon ou un portable. Ce qui est interdit.
(ouaih, les bonbons sont interdits. Déjà parce que 1 : ils ne finissent pas leurs assiettes, jamais, et c'est de la bonne bouffe, donc, ils vont pas se remplir avec du sucre.
2: la cour est déjà pleine de papier alors que c'est interdit, alors je te laisse imaginer le carnage autrement.
3: ya un certain nombre de gamins en "surpoids" (genre, gros), et on est pas là pour encourager l'obésité morbide de gamins de 11 à 14 ans.)
Et on se fait traiter de bourreaux d'enfants, et on ricane.

"-Vazy c'est la taule ici!"


Un collégien ordinaire.
(vue d'artiste.)
Bref, après avoir tenu la porte et regardé les feu de l'amour entre deux bastons, je vais manger.

Une demi heure de repos à parler des gamins avant de retourner s'occuper des gamins...
Heureusement que mes collègues sont sympas.
Une équipe entière avec qui tu peux te biturer (CPE comprit) c'est relativement rare.
J'aime mes collègues adorés, et je ne les échange avec personne.

C'est marrant d'ailleurs, parce que rare exceptions, y'a que des goths, des punks, et des rockers, dans cette vie scolaire.
Ce qui fait que quand les gamins nous balancent des "NAN MAIS VOUS AVEZ JAMAIS ETE JEUNE? VOUS SAVEZ PAS CE QUE C'EST QUE SE REBELLER ET LA LIBERTE!!"
(Jusqu'à la gamine qui va se graver (au compas et pas profond) le symbole de l'Anarchie dans la peau du bras, et porte les manches relevées pour qu'on voit à quel point c'est trop une rebelle de l'enfer.)




Nota Bene: je ne soutient en aucun cas l'acte de scarification, mais là il s'agit de se griffouiller le dessus de l'épiderme pour passer pour un badass. Certes, c'est dérangé, et alarmant, mais si on l'avait retrouvé avec des vraies cicatrices on l'aurait envoyé fissa chez le psy scolaire, on est pas complètement cons.

Bref.
Après une pitite clope de la fraternité avec les collègues, on retourne au taff.

L'après midi: 


Et là, bah, c'est soit les études, soit l'aide secrétariat.
Donc, les études, on essaie de lire un livre, de dessiner, de réviser, de faire ses scénars en gardant un oeil sur 20 à 50 hooligans en culotte courte qui viennent parfois demander de l'aide pour leurs devoirs.

Et là je me dis que comment what the holy fucking shit se fait-il que ces gamins ne savent pas écrire ou parler correctement.
Bon, rendons leur justice, il y en a bien 40% qui peuvent comprendre un texte et écrire sans trop oublier la notion de conjugaison et de rythme de phrase (début = majuscule, fin = point) (ne riez pas, cette notion n'est pas toujours acquise.) (même en 3è.) (oui mdame.). Selon les classes. Rarement plus, souvent moins. Bref.

Mais par exemple, dans les fameux rapport d'incidents:
(morceaux choisis)
"Et alor il ma trété de tou un ta de gromos."
"Y ma donné un coude pier." (coup de pied. Ouaih.)
"j'été de haur." (dehors.) (oui.)


Et encore, le support internet vous épargne la graphie.
Mais je vous assure qu'on est souvent obligé de lire à haute voix pour comprendre.

J'ai quelques perles aussi.
En anglais:
"He eat avec a girl." ("Non mais je savais pas comment on dit avec. Alors je l'ai mis en français.") (classe de 4è)(je passe sur le manque de s à la troisième personne, on est bien au dessus de ça.)
Traduction de" La jeune fille a prit son sac."
= The young girl take your bag.
"-Mais, Jean-Bob, pourquoi "your"? "
"-Bah, c'est le possessif..."
"-Suis-je bête."

Entre ça, et une classe entière de 3ème qui me demande ce que veut dire le mot "décent", une gamine qui vient me demander (très sérieusement) si je peux confirmer à ses camarades que l'Irlande est un département Français ("Non, Kevina, pas à ma connaissance..."), des fois, les bras m'en tombent.

C'est pas comme si c'était des cas rares, là.
Genre, des fois, des classes entières ne bitent pas un mot de ce que je leur raconte.
Tristesse, rage et désespoir.


"-Madame ça veut dire quoi enfanter dans la douleur?"
"-Ca veut dire accoucher, enfanter."
"-Oui, mais la phrase, ça veut dire quoi?"
"-Accoucher dans la douleur, Edouard-Rachid."
"-Oui, mais, dans la douleur, ça veut dire quoi?"
Bref...
Les profs deviennent fous, les gamins ne savent pas qui est St Exupéry en sortant du collège, ni où se situe l'Angleterre sur une carte, mais tout va bien...
Et dire qu'on prenait ma génération pour une génération foutue...

Ensuite, l'aide bureau, ça consiste souvent à aller en courant d'un bout à l'autre du bâtiment, (qui est grand) avec des papiers à amener aux profs.
Où à essayer tant bien que mal de ramener en cours des gamins qui ont "mal à la tête, au bras, au coude, au petit doigt".
Les stratagèmes pour ne pas aller en cours sont super...

Et puis, les gamins qui n'ont pas de référents chez eux, et pour qui on est en quelque sorte leur référent de substitution.
Ceux là me fendent le coeur, mais on ne peut pas les laisser dans la vie scolaire. Parce qu'on est pas des éducateurs ni des parents, on est juste des étudiants qui n’avons pas les épaules pour ça. Pas du tout.

Il y a pas mal de misère humaine, et leur lots de gamins perdus.
Entre celui qui a perdu sa mère et qui vire à l'autisme tellement il se renferme, celui qui règle tout par la violence, etc, etc...

Le collège est un microcosme avec ses règles, ses lois, ses gangs...
Là bas, ce qui règne c'est la loi du style. Les fringues, les fringues, les marques, le "swag", les motifs à afficher absolument, les mini crêtes, les coiffures comme les chanteuses ou les footballeurs...
Et la dictature du style est féroce.
Même les 6èmes, s'ils veulent avoir la paix doivent céder (et faire céder dans des craquements d'agonie sinistres les portefeuilles des leurs parents.) et la cour est plein de mini-adultes trop sérieux qui parlent des fringues de leurs "idoles" de télé réalité.
Ils portent tous le YMCMB sans jamais avoir écouté de morceaux du collectif, et pensent que Denim est une marque de jean.
Ils ont tellement tous des eastpack noirs que tout les jours, au moins deux élèves vont pleurer à la vie scolaire parce que leur sacs ont été échangés et ou /perdus dans la masse des autres eastpacks noirs.
Les filles ont toutes la frange du même côté que c'en est effrayant.


D'accord, c'est rigolo de regarder des gamins pleurer parce qu'ils ont perdu leurs sacs qui se ressemblent tous, mais après tu te rends compte à quel point ils ont pas de personnalité, de goûts propres, qu'ils écoutent/regardent tous la même chose.
Le matin quand je prends le bus, j'ai des lycéennes à côté de moi qui vont au lycée d'à côté.
Ben les lycéennes, elles me font pas marrer quand elles se passent leurs écouteurs à coup de "tiens, j'ai téléchargé cette musique" "qu'est-ce que c'est?" "je sais pas, mais c'est bien, c'était sur nrj, faut que je télécharge des musiques, ya plein de nouveaux trucs à la télé."
Ils ont PAS d'artistes préférés.
Je rigole pas.
Ils n'ont pas de groupes, ou de chanteurs qu'ils aiment.
Ils kiffent une chanson tout les quinze jours le temps que ça fasse le buzz et que ça disparaisse. Et après ils passent à autre chose, et quand on leur parle d'un album sortie ya six mois "oh c'est trop vieux ça madame, c'est même pas à la mode!!!"




Ils ont pas non plus envie de faire des boulots.
Ils veulent juste "gagner de la thune".
Je veux dire, oui c'est normal, moi aussi je veux gagner de la thune, mais là, quand même, ya de l'abus...
Ils ont pas de métiers idéaux, pas de rêves, pas envie de faire quoi que ce soit.
Parfois, je suis triste quand je les écoute.
Parce que je sais comment on en est arrivé là, et que je sais que le pourcentage qui est intéressé, brillant, ne survivra pas au diktat de la culture de masse qui les exclut et les traite comme des freacks.

Oui, j'aime mon boulot.
J'aime mon boulot parce que j'en ai chié.
J'aime mon boulot parce que je sais que je sers à quelque chose.
Mais parfois, j'ai peur. Si j'avais un souhait à faire, c'est que toutes les télés du monde se pètent, qu'on ai plus de youtube, de téléphones portables, de facebook et d'instagram, de télé réalité, et que ces gamins puissent ouvrir ni serait-ce qu'un livre qui leur fasse voir autre chose que leurs jeans, leurs guéguerres de style, et leurs "gangs" des bacs à sable et aspirent à plus grands, parce qu'ils en sont capables.

jeudi 5 septembre 2013

Chronique des coeurs brisés.


J'ai de la chance.
Tellement de chance que j'en ai honte.
J'ai trouvé un beau matin l'amour de ma vie au pas de ma porte, et c'était bien.

J'aime entendre les amis qui me disent "t'as tellement de chance, toi, c'est facile avec le Roi, vous êtes le couple idéal."

Non.
On est pas le couple idéal, et c'est pas facile.
On s'engueule pas, oui, ou très peu, et jamais pour des sujets importants. On rigole beaucoup, on parle beaucoup tout les jours. On s'aime.
Mais non, c'était pas facile, ce n'est facile pour personne.



Ce n'était pas facile pour moi parce que je n'ai jamais laissé personne entrer dans ma vie, réellement.
Parce que je n'ai jamais laissé personne poser sa valise à côté de la mienne, fouiller dans mes placards, manger ma nourriture, aimer mes chats.

Parce que je me méfie des hommes, que je me méfie de leur capacité à m'abandonner, que je déteste la solitude et que je sais que je serai prête à me sous-louer pour ne pas être seule.
Et qu'une compagnie qu'on achète avec du cul vaut moins que tout.
On ne fait pas confiance aux gens à qui on se loue.
On ne les aime pas, on les apprécie peut-être, on s'attache sans doute, mais on les laisse à l'écart.

La solitude.
La solitude.
La main froide qui erre sous la couverture la nuit, qui enserre la poitrine, qui arrache tout dans le ventre, entre les côtes, qui éventres les rêves.
La solitude, contre laquelle on ne peut rien.
Rien à part se louer.
Et s'emmurer.
Dans une solitude encore plus grande.



C'était pas facile à cause de l'angoisse.
Parce que j'ai peur qu'on m'abandonne, parce que j'ai mal dans le coeur, tout le temps, que le monstre dans mon ventre me mange le coeur tout les jours.
Et que personne ne peut supporter ça.
Personne ne peut supporter mon angoisse constante, ma froideur, mon bouclier de cynisme.
Personne ne peut supporter de me prendre dans les bras quand je hurle, quand je pleure, quand j'ai peur pour rien.
Personne ne peut être là, tout le temps.

Et j'ai peur.
J'ai peur qu'on m'enlève tout ce que j'ai.
J'ai peur que mes chats meurent, j'ai peur qu'on me vole mes livres, j'ai peur qu'on me casse ma guitare, j'ai peur.
Je peux pas m'attacher.
Parce que tout ce que j'aime, on me le prend.



Pour le Roi c'est pas facile.
Parce qu'il n'est pas assez bien.
Parce qu'on ne lui a jamais dit qu'il pouvait l'être.

Parce qu'il n'a pas le droit de toucher, de revendiquer son droit à être aimé.
Parce qu'à force d'être là et de s'en prendre plein la tête il a arrêté de penser qu'on pouvait faire autre chose que l'utiliser.
Se résigner.

Parce qu'il ne se trouve pas bien, pas beau.
Parce qu'il ne sait pas s'aimer lui même.
Parce qu'il a peur, désespérément peur, qu'on le laisse.
Parce qu'il a besoin de savoir que quelqu'un est là.

Et que personne ne peut être là, tout le temps.
Personne.



Il aura fallut que deux solitudes, deux désespoirs, se tendent l'un vers l'autre pour que la toile se tisse doucement, se resserre, et qu'on puisse y écrire "je t'aime".

Facile?
Non.

Des heures, des heures, de discussions, des heures à s'apprivoiser.
Des heures à se tester, à se comprendre.
Ma méfiance. Ma méfiance redoublée par une année à ne faire que de la merde, à me louer à n'importe qui d'un peu amical pour ne pas sombrer dans le gouffre sans fond de la solitude et de la dépression.
La peur du monstre, encore une fois plus fort que moi.

Des heures à s'apprendre, à retrouver des échos de soi dans l'autre.

Et finalement, commencer à se sentir bien.
Ne plus penser à la solitude parce que doucement elle s'efface, remplacée par de la substance de rêve, bien trop réelle.
Penser différemment, apprendre que être avec un autre ce n'est pas forcément de la dissimulation, et des combats de chaque instant pour prouver qu'on est à la hauteur, mais qu'une personne peut aussi nous apprécier pour ce qu'on est, sans aucun fard.

Apprendre même l'impensable, découvrir qu'on peut montrer tout, absolument tout les pans de son âme, et que l'autre ne nous frappera pas en plein dedans, ne nous fera pas mal, ne nous blessera pas.




Oui.
Oui, je peux t'aimer pour ce que tu es et pas pour ce que je veux que tu sois.
Je peux t'aimer malgré ton coeur déchiré, malgré ta dépression, malgré tes angoisses, malgré tes doutes, malgré tout.
Je peux t'aimer même si tu as eu envie de te supprimer, même si tu rêves de crever, même si tu n'aime rien d'autre que tes livres et tes chats, même si tu es en colère, même si tu es jalouse.

Parce que c'est pas grave.
Non, vraiment, c'est pas grave.
Je t'aime pour autre chose.
Je t'aime parce que tu es toi, parce que tu es forte, parce que j'aime parler avec toi, que je te trouve belle, parce que tu es merveilleuse à mes yeux.

Je ne veux pas que tu changes.
Si tu changes je serai triste.
Parce que tu es ce que j'ai de plus précieux à mes yeux.




Laisser l'autre prendre ton coeur brisé dans ses mains en tout confiance.
Prendre le sien.
Avec tout ce qu'il a de peur, de douleurs et de traumas.

Et on me dit que c'est facile?

Pour la dernière fois, ce n'est pas facile.

C'est évident, mais pas facile.
On s'est enfermé dans un cocon protecteur, avec l'autre en point central, les chats autours, les livres en périphérie, et on n'en sort que pour faire ce qu'on aime.
On se nourrit l'un de l'autre, dans une sorte d'équilibre basé sur des apssions communes et des découvertes individuelles.

C'est très difficile.
Mais notre plus grande peur est de se perdre.
Et nous sommes de grands traumatisés.
Incapable de se faire du mal. Et incapable d'en jouer.

Combien de temps ça va tenir?
On recouds jour après jour les batteries de nos âmes, alors ça peut tenir l'éternité.



Comment est-il possible d'exprimer la reconnaissance quotidienne qui m'anime tout les jours lorsque je me rends compte ce que je tiens dans mes mains.
L'amour. Le vrai. Celui qui ne ment pas.

Je ne m'y fait pas.
Chaque jour depuis neuf mois, je me pince tout les matins en me levant, parce que je ne pensais pas avoir autant de chance.
Le jour où je cesserai d'avoir de la reconnaissance, de remercier tout les dieux, alors je perdrais ce privilège.
Je ne le possède que parce que je ne le tiens pas pour acquis, et je le sais.
On le sait tout les deux.

Rien que pour ça, c'est pas facile.

Mais on est bien.
On est heureux.
Et je pensais que ce mot n'existait que pour obliger les enfants à bien bosser à l'école, comme une carotte imaginaire.
Mais c'est possible d'être heureux.




Alors quoi?
Il faudrait que je le hurle?
Non, j'ai trop peur de le perdre pour le hurler au monde.

Il faudrait que je stigmatise ceux et celles qui se louent pour ne pas être seuls?
Comment le pourrais-je?
Comment pourrais-je lancer des pierres à ceux qui cherchent à ne pas être seuls?
Juger?
Pourquoi?
J'en ai fait tellement pour ne pas être seule. Je serai allée très loin pour qu'on ne me laisse pas. Pour que mon lit ne soit pas vite.
Je me serai détruite pour ne pas crever de solitude.

Je n'y croyais pas.
Je ne croyais pas pouvoir vivre ça.
Et maintenant que je le vis, je n'y crois toujours pas.
Ceux qui sont seuls, maintenant, qui n'y croient pas, qui n'ont personne pour partager leur solitude, j'aimerai les prendre dans mes bras, leur donner tout l'amour qui déborde de moi, tout l'amour qui irradie, qui me brûle, pour leur redonner courage.

J'aimerai vous le dire.
Vous êtes beaux.
Soyez vous même.
Soyez gentils.
Ne vous détruisez pas, ne vous louez pas.

Il y a des gens qui vous méritent.
Ce sont des gens que vous, vous méritez.
Ca sert à rien de se faire passer pour ce qu'on est pas, la personne qui vous aime vous aimera même le dimanche matin avec la bouche qui pue, les dessous de bras qui puent, et les yeux qui collent.



Parce qu'on ne vous aimera pas pour ce que vous croyez.
On vous aimera pour votre façon de sourire, pour les bêtises que vous dites, pour votre sérieux, votre folie, votre collection de pins pokemon, et tout un tas de choses intimes qui vous font vous.

On vous aimera sans condition, sans vous demander de changer.
On vous aimera des pieds à la tête, même pas épilés, pas lavés, plein du vomis de la veille.
On vous aimera comme vous méritez qu'on vous aime, comme vous avez rêvé qu'on vous aime.

Et croyez moi.
Tout le reste n'en vaut pas la peine.

















mardi 27 août 2013

Ode to my Family.

Autant prévenir avant de partir, je n'ai aucune putain d'idée de là où cet article va m’amener.
Cette fois pas de projet d'articles, pas de causes à défendre, pas de plan de dissertation sur des opinions plus ou moins contestables.
Juste un gros poids au fond du ventre qui étrangle le monstre, mon univers, et m'empêche de réfléchir.

C'est ma mère qui m'a apprit qu'écrire, laisse s'écouler les mots, avait le pouvoir de tarir les larmes et d'expliquer les silences.

Ma mère qui m'a dit la dernière fois que je me suis rasée la tête que j'étais moche.
Ma mère qui a monté ma jambe tatouée à tout le monde en disant que c'était bien fait mais qu'elle trouvait ça très laid.
Ma mère qui trouve normal que ma frangine traite le Roi de con.
Ma mère qui pense que je suis une menteuse, une affabulatrice.
Ma mère qui "sait" que j'ai fumé au lycée, que j'ai séché des cours, que j'ai fait des choses pas très propres avec un mec plus vieux que moi, que je me suis faite dépuceler à quinze ans.
La Queen Mom.
Ma mère.

Et puis il y a ma soeur.
Ma soeur qui ne travaille jamais, qui n'aide jamais ma mère, qui se balade dans des fringues à plus de 50 euros la pièce, qui a une gueule grande ouverte du haut de ses même pas quinze ans, et qui me jette au visage que "au final on verra bien laquelle de nous deux s'en sortira le mieux, sale conne".
Ma soeur qui refuse de marcher dans la rue en même temps que moi.
Pour qui ne compte que le prestige, le fric, et son portable.
Ma soeur.

Et ma famille.
Mes grands parents dépassés et fatigués.
Mon oncle qui en a ras le cul.
Ma marraine qui pense aussi que je raconte n'importe quoi.
Cette condescendance constante quand ils me regardent.
Cette sensation de ne pas exister, de ne pas être là, de parler dans le vide.
Parce que je suis une ado attardée, une fille en crise, avec des drôles de fringues, qui se cherche.
Ma famille.

Mon père.
Mon père encore.
Mon père jamais présent, mon père qui fuit.
Mon père qui accumule les conneries comme des perles sur un collier trop plein.
Mon père qui n'arrive pas à communiquer avec moi, et pour cause, quand on récupère un gamin à dix-huit ans passé, et qu'on veut faire son éducation, on se rends vite compte qu'on ne peut pas faire grand chose.
Mon père qui regrette.

Tout ces gens.
Tellement condescendants.
Tellement désireux de me montrer ce que doit être ma vie.

Je n'ai pas besoin de vos conseils.
Ni de votre opinion.
Bientôt, j'attendrais les vingt-quatre années.
J'ai la tête rasée, des piercings, la jambe tatouée, je pratique une religion païenne, je vis à travers mon appareil photo, je veille sur ma famille de chats. C'est ce que je suis.
Et je n'ai pas besoin de vous pour savoir ce que je suis.
Je n'ai besoin de personne pour m'accepter telle que je suis.
Je suis moi dans l'entièreté de mon être.
Peut-être que je suis étrange et décalée par rapport à certain critères, mais je suis moi.

Et vous avez fait de moi ce que je suis.

Retour en arrière.

Avant ma naissance, ma mère est tombée amoureuse, folle, de mon père.
Il était grand, plus agé qu'elle, et ça a été le coup de foudre.
Ma mère était une passionnée, elle l'a aimé sans limite, mais mon père, lui, n'arrivais pas à se dire qu'il allait se caser avec quelqu'un.
Il a trompé ma mère.
Plusieurs fois.
Elle lui a pardonné.
Elle voulait un môme.
C'était pas facile pour elle, elle a fait plusieurs fausses couches avant de m'avoir.
Finalement, elle est tombée enceinte pour de vrai.
Mon père a crisé et s'est barré en Afrique.
Quand il est rentré, j'allais naître. Il ne voulait pas de moi.
Le jour de l'accouchement, il n'était pas là.
Quand j'étais bébé, il ne s'occupait pas de moi.

Quand j'avais deux ans, il a lourdé ma mère.
Puis quand j'avais trois ou quatre, il l'a reprit.
Il lui avait promit qu'ils habiteraient ensemble, et il m'avait promis qu'ils me feraient un frangin ou une frangine.
Quelques semaines après ces promesses, il a largué ma mère, encore.
Pour toujours.

Quand j'ai eu six ans, il a demandé la garde alternée.
Je n'avais pas aller chez mon père.
Je ne le connaissais pas beaucoup, et au fur et à mesure, il s'est mis à me faire peur.
Ma mère et moi étions très fusionnelles.
C'était la personne à qui je faisais le plus confiance.
A l'école j'avais des problèmes. Je me faisais taper dessus. Je n’aimais que lire et je n'aimais pas les autres enfants. J'avais peur d'aller à l'école.
Mon père s'est mis avec ma belle mère.
Une femme avec qui il trompait ma mère bien avant ma naissance.


Ma mère s'est mis avec mon beau père.
Au début il était gentil.
J'ai eu huit ans, ma petite soeur est née.
Je voulais une petite soeur.
Ma mère et mon beau père se disputaient beaucoup.
Il y a eu un séjour à la montagne, avec des grosses disputes. A la maison, ça marchait pas très bien. Et après la naissance de ma soeur, ils ont faillit se quitter.
A cette époque, j'avais très peur de mon père.
J'étais malade à chaque fois que je devais aller chez lui.
Je ne supportais pas sa nouvelle femme.
Avec ma mère et mon beau père on a été viré d'un premier appartement.
On est allé habiter ailleurs, dans une maison.
Ma mère et mon père hurlaient l'un contre l'autre à chaque fois que je devais aller voir mon père.
Mon beau père était souvent nerveux.
J'ai écrit à mon père pour le dire que je ne voulais plus le voir.
Je ne l'ai plus vu.
Il a cessé de venir.
Mon père est parti une nouvelle fois.

Je suis allée au collège.
Je ne savais pas nouer des relations sociales, alors je me suis fait encore taper dessus.
Ma mère a dit que c'était de ma faute.
Je n'ai plus parlé à ma mère.
De toute façon, elle se disputait avec mon père.
Ma petite soeur avait deux ans.
Elle adorait son père.
Elle venait parfois dans ma chambre et elle me mordait les bras au sang.
Ma mère me disait d'être gentille avec elle.
J'ai découvert le cinéma fantastique. J'ai arrêté de vivre dans le réel, et j'ai commencé à lire des histoires.
Ma mère est retombée enceinte. Un petit frère.
Il n'était pas assez fort et il est mort sans voir le monde.
Pauvre petit frère.

On a été virés de la maison.
On a tout mis au garde meuble et on est allé vivre chez mes grands parents. Dans l'appartement de mon arrière grand mère qui venait de mourir.
Au collège, je me faisais taper la tête contre les murs, je vivais au CDI.
Ma soeur était gâtée par son père qui avait complètement oublié que j'existais.
Entre temps, j'avais apprit que mon père lui aussi avait pondu une môme.
A la maison, ça hurlait tout le temps.
Tout le temps.
Tout le temps.
J'étais tombée en dépression.
J'étais persuadée que j'allais voir des monstres qui allaient me dévorer si je regardais le noir, la nuit. J'avais peur de la mort, parce que je pensais que la mort habitait dans mon ventre.
J'avais l'impression d'être folle.
Tout le monde hurlait.
Ma petite soeur était devenue anorexique à la mort de mon arrière grand mère.
J'avais peur qu'il lui arrive mal.

Mon beau père n'avait pas donné les courriers du garde meuble où on gardait toutes nos affaires depuis le déménagement dans le petit appartement de ma grand mère.
Ils ont tout envoyé au broyeur et vendu le reste.
On a tout perdu.
Toutes les photos.
Tout les souvenirs.
Tout nos jouets.
Ma mère a hurlé tellement fort ce jour là.
Je n'ai jamais entendu quelqu'un hurler avec autant de désespoir.
Ca a hurlé encore plus fort dans la maison.
J'ai commencé à détester mon beau père.
Et ma soeur me détestait pour ça.
Ma mère me prenait pour une folle.
Je me prenais pour une folle.

On est allé habiter dans une autre maison.
Ma soeur a eu un chien.
Mon beau père a tapé sur le chien.
Je suis rentrée au lycée.
J'avais envie de mourir tout les jours.
Au lycée, j'avais des amis. C'était bien.
Je m'y sentais mieux que chez moi.
Je suis devenue gothique par amour des fringues de mes potes et par amour de la littérature.
Ca hurlait à la maison.
Ca hurlait tout le temps.
Je ne pouvais plus dormir.
J'avais l'impression que si je dormais j'allais mourir.
C'est la musique qui m'a sauvé. C'est Placebo qui m'a sauvé. C'est Peter Jackson qui m'a sauvé, lui aussi.
J'avais définitivement perdu contact avec le monde réel.
Je voulais vivre pour sortir de cet enfer, ne plus voir mon beau père, ne plus entendre les hurlements perpétuels, les disputes, mais si j'avais vu la mort arriver, je l'aurais accueillit avec soulagement.
Je ne parlais plus à personne.
Plus à ma mère, plus à ma soeur, j'avais envie de tuer mon beau père.
A table, on me rabaissait toujours. Toujours. Je détestait les repas. On me disait toujours que je n'étais pas assez bien.

J'ai eu le bac.
Sans aucune fierté.
Je savais que je l'aurais, et je n'avais même pas travaillé pour ça.
Je voulais m'en aller de la maison et faire du cinéma.
Hors de question.
On m'a mis en fac de langue.
Je n'y ai rien foutu.
J'ai commencé à fumer parce que j'avais faim, parce que ma mère n'avait plus d'argent à cause de mon beau père.
J'ai rencontré My Love, mon amie de galères, et elle m'a aidé à aller mieux.
Elle m'a poussé à passer les concours d'école d'art.
Ma mère a lâché l'affaire, on a fait un emprunt à la banque.
Ce n'était pas l'école que je voulais, mais, soit, j'allais pouvoir faire ce que j'aimais.

A la maison, c'était le chaos.
La famille était folle.
Ca hurlait tout le temps.
J'en prenais plein la gueule comme tout le monde.
Tellement de méchanceté, tellement de haine.
Je ne sais même pas s'ils se rendaient compte.
Je rendais les coups pour ne pas hurler.
Je ne pouvais toujours pas dormir.
J'écrivais.
Pour ne pas être dans cette réalité.
Pour ne pas vivre cette vie.

Avec mon petit ami Soleil, j'ai pu échapper un peu à tout ça.
Etre moins chez moi.
Finalement, mon beau père est parti.
En laissant des dettes, et en traînant ma mère plus bas que terre devant ses propres parents.
Mon père a profité de ce moment pour réapparaître.
J'ai rencontré mon autre soeur.
Je lui ai donné tout l'amour que je pouvais.

J'ai fait mon école d'art.
Mais même mon beau père pati, la violence était continuelle.
Normale.
Des cris tout les jours.
Des menaces.
Des insultes.
Je voulais la paix.
Mon père a donné de l'argent, j'ai payé un appartement à côté de l'école.
Les fournitures, le papier, tout ça coûtait tellement cher...
J'ai eu faim.
Faim.
Si faim.
J'ai prit un chat pour ne pas être seule, et il y avait Soleil, qui n'aimait pas ce que j'étais, mais ça allait parce que je n'étais pas toute seule.
J'avais quelques amis de l'école.
My Love est partie en Angleterre. J'ai beaucoup pleuré.
La dépression est revenue.
Le monstre de la Mort dans mon ventre me mangeait de l'intérieur.
Je n'ai pas fini ma licence à l'école.
Ma mère ne me parlait plus beaucoup.
Mon père essayait de me comprendre.
Ma soeur me méprisait.

J'ai prit un nouvel appartement, j'ai commencé un travail, commencé à étudier pour un autre concours, à Angoulème.
Mon père venait voir si je travaillais.
Vers la fin de l'année, il m'a dit qu'il ne m'aiderai pas financièrement pour ce concours.
J'ai tenté quand même.
Je voulais pouvoir me rattacher à ma seule réalité.
La réalité dans laquelle je voulais vivre et qui n'était pas celle dans laquelle on m'avait poussée de force.
J'ai eu le concours.
Je l'ai eu.
Moi toute seule.
J'étais fière.
Mais il n'y avait plus d'argent.
Plus de bourses. Les dettes de la première école.
Alors, non.
Non, je n'irais pas dans cette nouvelle école.
J'ai essayé de me tuer.
J'ai vraiment essayé de me tuer.
La Mort n'a pas voulu de moi.

J'ai rencontré les Dieux de mes ancètres.
Puisé en moi l'espoir, je me suis accrochée à mes rêves.
Avec ma mère ça allait très mal, avec mon père aussi.
Ils ont payé une dame pour qu'on puisse se parler tout les trois, devant elle.
C'était ridicule.

Je voulais avancer toute seule.
Qu'importe le chemin.
C'était trop fort pour moi. Ce qui vit en moi est plus grand que moi même. Et je devais avancer.
Même si on se moque, même si ma mère me rejette, même si mon père s'emporte.
Je me suis retrouvée quasiment à la rue, j'ai failli crever de froid et de maladie.
J'ai rencontré le Roi.
J'ai encore déménagé.

Et maintenant, je suis là.

Alors qui?
Qui va me dire comment mener ma vie?
Qui va me dire ce que je suis supposée faire?
Qui va me dicter mes envies?

Ma mère?
Mon père?

Non.

Je ne suis pas une menteuse.
Je ne ment pas.
Je n'ai pas prit de drogue.
J'ai commencé à fumer à la fac.
J'ai eu un mec qui avait quinze ans de plus que moi, mais on a couché ensemble, quelques fois, et c'est tout.
Je n'ai jamais été pétée à plus en savoir où j'habite.
Je n'ai jamais eu de dettes.
Je n'ai jamais fait de mal consciemment à qui que ce soit, si ce n'était pas pour me défendre.

La seule chose que je veux.
Que je veux.
Plus que tout, plus que n'importe quoi d'autre.
C'est la paix.
Etre tranquille, dans mon chemin, avec MA famille.
Celle que je me suis faite.
Mes amis, le Roi, mes petites boules de poil.

Et je défie quiconque, parents compris, de venir m'apprendre à vivre.
De me dire comment je dois m'habiller, me coiffer, comment parler, comment vivre.

Parce que je sais qui je suis.
Qui je suis malgré vous.
Je suis fière de moi.
Je suis contente de la personne que je suis devenue.
Et il me tarde de voir la personne que je vais devenir.

Avec ma conscience pour moi.
Et une conscience nette.

Bien à vous.

Leo  QueenOfBones-
From Bones-Land

jeudi 1 août 2013

Beaucoup de bruit pour rien.

Tchouki tout le monde.

Du haut de mon stress post-concours (ahahahahah, je suis pas du tout nerveuse, ahahahahahah!!!!!), j'avais envie de faire un article.

L'idée c'était de faire un article sur l'homosexualité.
Voila, genre un papelard polémique avec des grands bout d’opinion rageuse dedans...
Le problème, c'est que, ma foi....

Je n'ai STRICTEMENT RIEN à raconter sur le sujet.
Je veux dire.
Mon avis sur la question de l'homosexualité se résume à "Oui, tu es homosexuel-le, c'est bien, passe moi la mayonnaise."
Je m'en tamponne le derrière dans les palétuviers, d'une force puissante.
Si des gens s'aiment et s'éclatent au plumard, ma foi, c'est très bien. Je veux dire, il y a des choses bien plus grave que de l'amour et de l'attirance. Genre, des trucs comme la guerre, la faim dans le monde, la crise du pétrole, la fonte des glaces...

A côté, quand deux personnes du même sexe se tiennent la main, je veux dire... Enfin... Je comprends pas... C'est grave?



A Bones-Land, on est relativement laxistes sur la question. Avec Mew on en a parlé, et nous avons décidé à l'unanimité que si un de nos mioches vient nous voir en se tordant les mains pour nous dire:
"-Pôpa, Môman, je crois que j'aime les (personnes du même sexe, insérez ici ce que vous voulez) (ce double sens est génial) (je veux dire.)"
La réaction sera la suivante:
"-C'est cool. Les consignes sont les mêmes que précédemment, protèges toi, regarde des deux côtés de la route avant de traverser, et lave toi les mains avant de passer à table. "

Non sérieux.
Une des personnes que j'admire le plus au monde (une personne de ma famille) est un monsieur qui aime les messieurs.  J'ai passé des moments trop cools avec lui, il vit avec son chéri depuis des années, et ils sont trop beaux.
Quand on parle de l'adoption non plus, je vois pas le soucis.
J'ai une cousine qui a deux mamans. Elle est équilibrée, a passé son bac avec mention, et a une brillante carrière qui l'attend. Et elle est plutôt à fond sur les garçons, d'après ce que j'en sais.

Bref.
L'homosexualité, pour moi, c'est à peu près aussi normal que toutes les autres choses de la nature.
C'est une attirance comme une autre.
Et mon opinion est la même sur, en vrac: la bisexualité, la transexualité, les travestis, etc, etc...
Je vois pas ce qui pourrait me gêner dans le fait que des personnes s'accomplissent à travers un chemin autre que le mien. Je cherche moi-même l'accomplissement personnel, si des gens le trouvent en faisant des choses qu'ils aiment, et en aimant d'autres personne: ainsi soit-il.


Weeeee!!!
Youpiiiiiii!!!!


Quand on a commencé à parler du mariage gay en France, et du projet de loi sur l'adoption par les couples homosexuels, ma réaction a été en deux temps:
"-Ah, enfin, la loi va être la même pour tout le monde!"
"-Chic, y'a des bébés qui vont trouver des parents!"

Oui, parce que dans "le pays de la liberté et des droits de l'homme", (olol!!!!), je trouvais pas que tout le monde naissait "libre et égaux en droits". Et que le premier article des droits de l'homme ne soit pas respecté, je trouvais ça vraaaaaaiment craignos.

Et puis, je sais que, même le le Père n'a pas vraiment eu vocation à être un parent quand j'étais bébé, il y a des couples d'hommes qui veulent des enfants plus que tout, parce que être parent, c'est très important. Transmettre, tout ça. Il y a des gens pour qui ça compte.
Pareil pour les couples de femmes, même si on fait moins chier les femmes sous prétexte que utérus = "envie folle de procréer!", ce qui n'est pas toujours vrai.

D'autant plus que, quand des homosexuels avaient des enfants, d'une manière où d'une autre, si le parent "officiel" mourrait, et que la famille de ce parent décidait que l'autre parent devait s'en aller, il n'avait pas le choix, et perdait son enfant. Ou si le parent décédé n'avait pas de famille, des petits devaient être séparé de son autre maman ou de son autre papa pour aller en foyer.
C'est pas un peu horrible?

Alors autant dire que des gamins allaient pouvoir être adoptés et avoir des maisons, et être en sécurité, je trouvais ça plutôt intelligents. Je râlais un peu moins contre le gouvernement qui m'avait supprimé ma bourse d'état.

Et puis, j'ai entendu parler du fameux truc de psychopathe catholiques, là:
(vous savez comme je porte les monothéistes dans mon coeur...)
"Un papa une maman". Et autre réfractaires.

Et là...

Qui sont ces affreux rabat-joie?
(Une belle bande de rabat-joises, ton Altesse)
(Private beaver joke, excusations.)
Et quels sont leurs arguments?

Après des recherches, ce sont en grande partis des bourgeois catholiques, conservateurs et religieux de tout poils, qui avancent des arguments élaborés comme:
-Dieu a créé l'homme et la femme pour qu'ils fassent des enfants, le reste est contre nature.
-C'est mauvais pour l'équilibre de l'enfant, d'avoir deux parents de même sexe.
-Et si on autorise ça, ça va faire des homosexuels de génération en génération! (wtf génétique?)
-Ca va permettre à des hommes de violer des enfants.
-Et si on autorise le mariage gay, après, tout sera permis, toutes les dérives!! La pédophilie et la zoophilie après ça!!!
-L'homosexualité, c'est un choix, de toute façon. C'est juste pour se démarquer, et foutre le bordel dans la société.

Ce à quoi j'ai répondu:



"Putain, trop drôle, c'est une vanne, c'est ça? Ahahah, trop fort, ces gens, meilleure blague de l'année... Attend, c'est du sérieux? Wtf?"

Et oui.
Ces gens sont sérieux.

Reprenons ces arguments pour voir ce qu'il y a comme blagues dedans:

-Dieu a créé l'homme et la femme pour qu'ils fassent des enfants, le reste est contre nature.

NIQUE DARWIN, NIQUE LE PROGRÈS, NIQUE LA SOCIETEEEEEEEE!!!
Bref.
Enfin, Dieu a posé l'homme et la femme sur Terre pour qu'ils niquent et se reproduisent.
Fort bien.
Je veux bien croire que, au delà de toute considération théologique, le but d'une espèce soit d'éparpiller ses brins d'ADN dans le monde.
Mais dans une société qui abrite 7 putain de milliards d'individus, on peut prète se calmer sur l'éparpillement génétique, non?
C'est quoi le problème? Que des femmes fassent l'amour en elles et que des hommes fassent l'amour entre eux?
Je sais bien que dans le monothéisme, chaque plaisir prit est un pêché, mais si vos vies sont pourries parce que vous avez choisit la voie de Dieu, c'est pas le problème d'un état laïque.
Vous n'avez pas à dicter vos choix à l'état. C'est triste mais c'est comme ça. Tac.

Dire que l'homosexualité n'est pas naturelle est aussi une hérésie.
(J'aime ce mot. Il sonne.)
Les animaux les plus intelligents pratiquent l'homosexualité. Dauphins, rats, grands singes.
Votre Dieu aurait créé des espèces homosexuelles?
Oh le filou.
Je serais vous, je m'adresserais direct au service des réclamations.

-C'est mauvais pour l'équilibre de l'enfant, d'avoir deux parents de même sexe.


Alors alors...
Qu'est-ce qui est le plus mauvais pour un enfant?
D'avoir deux parents aimants?

Ou d'avoir une mère qui élève seule son gosse (ses gosses?) parce que le père s'est tiré?
D'avoir des frères et soeur de pleins de pères différents, ou de plein de mère différents parce que papa est un coureur/maman est une aventurière?
D'être élevé avec 5 autres gosses parce que papa/maman profitent des allocs grâce à des gosses qu'ils ne prennent même pas la peine d'élever?
D'être battus quotidiennement parce que ils n'étaient pas vraiment désirés, mais que la religion interdit le préservatif?
D'avoir un père de 60 berges parce que maman a épousé un vieux riche pour se faire du blé? Que quand il aura vingt ans, son père en aura 80 et va mourir?
D'être à moitié gogol parce que maman s'est marié avec son cousin, et que, pas d'éparpillement génétique?

Mères célibataires, familles trop nombreuses, mariages avec une différence d'âge impossible, familles recomposées cinq ou six fois, enfants maltraités, laissés à l'abandon, mariages consanguins...

C'est bon pour un gamin?
C'est bon pour un gamin ce genre de situations?

Je vous jure sur la vie de ce que j'ai de plus cher que j'aurais mille fois préféré que ma maman se mette en couple avec une femme plutôt qu'elle se foute avec mon connard de beau père! J'aurais été mille fois plus heureuse. J'aurais même préférée qu'elle soit amoureuse d'une femme dès le départ plutôt que de tomber sur des hommes qui lui ont arraché le coeur avec des clous rouillés.

On trouve ça normal les familles recomposées, on a le droit de se marier avec les gens de sa famille (à la limite, l'amour ne se commande pas, mais moi, j'interdirais la procréation naturelle dans ce cas là... génétique, tout ça...), on a le droit de faire des gosses juste pour niquer le système des allocs, mais des couples qui veulent désespérément donner de l'amour et une famille à des gamins se le voient interdire POUR LEUR EQUILIBRE?

C'est juste débile.
Débile.



Je ne dis pas que les couples homosexuels restent ensemble toute leur vie.
Je ne dis pas qu'il n'y aura pas de famille recomposées...
Mais il y aura des enfants aimés.
Et ça... C'est le plus important.

-Et si on autorise ça, ça va faire des homosexuels de génération en génération! (wtf génétique?)et
-L'homosexualité, c'est un choix, de toute façon. C'est juste pour se démarquer, et foutre le bordel dans la société.

Alors.
Je met ces deux arguments en miroir pour une bonne raison.

Non, être homosexuel n'est pas plus un choix que d'avoir les yeux verts. C'est comme ça. Que ça soit génétique ou psychologique, ce n'est pas un choix.

Est-ce que les hétéros ont fait le choix d'être hétéro?
Vous, petit hétérosexuels sans problèmes, quand avez vous fait le choix d'être hétéros? Un jour vous vous êtes regardés dans le miroir, vous avez bien réfléchit, et vous vous êtes dit "ouaih, hétéro, ça me semble safe, comme choix. je vais faire ça."

Non, hein?
Ben voila.

C'est peut-être génétique.
Mais dans ce cas, ça me ramène au point suivant.
Si c'est génétique, ça ne se transmet pas de manière automatique, et il ne peut pas y avoir des homosexuels de génération en génération, vu que à la base, c'est bien un couple hétéro qui a donné naissance à un homosexuel.

Stupide.

(Et puis je vois pas comment des gens qui croient que Dieu a créé le monde en 6 jours se mêlent de génétique.)

Et dans le cas de parents homosexuels adoptant des enfants, si les gamins deviennent homosexuels aussi, ça veut dire que c'est psychologique et pas génétique, et donc, qu'on est homo par phénomène d'imitation de son entourage.
Sauf que non: vu que, à la base, c'est bien des parents hétéros qui ont donné naissance aux parents homosexuels.

Nique la logique, dans ce cas.
Aucun de ces arguments ne tient debout.

-Ca va permettre à des hommes de violer des enfants.
Pardon?
OO

Depuis quand "homosexualité" = "pédophilie"?

On parle de gens qui veulent se marier par amour et fonder une famille, là.
Pas de dangereux psychopathes qui cherchent à trouver des enfants pour les violer sauvagement.
Il y a eu des faits divers, mais bon, je me souviens aussi de l'autrichien qui avait enfermé sa fille dans sa cave pour la violer pendant quinze ans. Et il était pas particulièrement homo.

Il y a des tarés partout.
Mais si voulez mon avis, la frustration sexuelle est beaucoup plus dangereuse dans le rapport que les homains ont avec les êtres faibles que l'homosexualité.

Je ferais garder mon môme tranquillou par mon meilleur pote gay, alors que jamais je ne le confierai à la garde d'un prêtre.

Comment ça, on gueule parce que j'ai fais le rapprochement facile prètre = pédophile.

C'est quoi qui vous dérange?
Pour vous, tout les gays sont biens des violeurs d'enfants en série.
C'est facile de faire des rapprochements vaseux.

Et les gens qui avancent ces arguments devraient avoir honte.


-Et si on autorise le mariage gay, après, tout sera permis, toutes les dérives!! La pédophilie et la zoophilie après ça!!!

Je suis obligée de répondre?

Enfin, je veux dire.
Moi ce qui m'inquiète, c'est qu'on marie des gens qui se connaissent depuis trois semaines.
Pas qu'on autorise des gens qui s'aiment à se marier.

Le mariage pour tous a été instauré.
Et la seule chose qui va se passer....
C'est que....


Omgs le suspense!!!!
DES GENS VONT SE MARIER!

...
Terrifiant.

Vraiment.

Hurm...

Ensuite, y'a un truc qui me dérange.
Le fait que les gens disent:
"-Oui, ben la définition du dictionnaire sur le mariage, c'est "union entre un homme et une femme", alors il faut inventer un nouveau mot!! On a qu'à pas dire mariage! Marage c'est pour un homme et une femme!!"

Ahahah.
Le dictionnaire détient la vérité, hein?
Le fameux "argument dictionnaire"...

Déjà, moi, je me méfierai d'un truc qui s'est lui même introduit le mot "kiffer".
Académie française, je te chidssu.

Ensuite, vous voulez un exemple du "dictionnaire détient la vérité"?

Maintenant, quand on regarde dans le dico, à "hystérie", on voit la définition d'une pathologie mentale, et d'une injure passée dans le langage courant.
Il y a une cinquantaine d'année, si on regardait, on y voyait la définition d'une maladie touchant uniquement les femmes, et créé par un traumatisme sexuel, et/ou un manque d'enfant.

Voila.
La vérité est dans le dictionnaire.
La beauté de la langue française.
On ne peut pas appeler ça un mariage parce que c'est "une union entre un homme et une femme".

C'est ça.
Les langues ne bougent jamais, il n'y a pas de progrès, pas d'avancée, pas de changement du langage. D'ailleurs, on parle tous la même langue qu'à la création du monde.
C'est connu.

...

C'est en changeant les mots qu'on change les meurs.
Je suis pour le mariage pour tous.
Pour la liberté d'aimer.
Pour l'adoption des nombreux enfants sans parents.

Parce que c'est ce qui est juste.
Et que aucune idéologie arriérée ne pourra jamais entraver la marche du progrès.
Vous aurez beau freiner des quatre fers, le mouvement est inéluctable.
Et vous le savez.